Le sage d’efforce de ne pas voir les premiers plans immédiats, qui s’enfuient, mais de fixer les yeux sur les lointains, qui sont immobiles. - Le vrai repos vient de nous.
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- Sachons donc ce que nous voulons, restons fermes sur l’esprit, même si la force prend pour nous séduire le visage d’une idée ou du confort. La première chose est de ne pas désespérer.
- Quand on est le personnage d’une tragédie, on ne s’épuise pas à chercher des coupables. On s’efforce tout juste d’aller jusqu’à demain.
- A force de sacrifier l’essentiel à l’urgence, on finit par oublier l’urgence de l’essentiel.
- A force de chercher de bonnes raisons, on en trouve; on les dit; et après on y tient, non pas tant parce qu’elles sont bonnes que pour ne pas se démentir.
- On ne devrait communiquer que depuis l’anéantissement, l’amoindrissement, depuis cette absence momentanée de nous-même où, dévastés, nous sommes ouverts au monde comme une béance.
- La fuite ne consiste pas à s’occuper du passé, mais à se concentrer résolument sur le présent et l’avenir en étant aveugle à l’héritage dont nous sommes marqués et avec lequel nous devons vivre.
- Ce que nous évitons de reconnaître en nous-mêmes, nous le rencontrons plus tard sous la forme du destin.
- Au plus intérieur, au plus secret de nous-mêmes, l’avenir est un vide que nous nous efforçons en vain de remplir à chaque instant. Car vivre c’est attendre.
- Et si en aurons encore le repos de l’esprit plus assuré, ces choses là nous estans presentes, si nous nous les figurons en notre pensée absentes.
- Nos esprits ont besoin de détente, et cèdent le pas à moins que nous ne mêlions au travail un peu de jeu.
- Juste semer quelques graines, et les abandonner au temps. Surtout ne rien précipiter. Se contenter du moindre signe. Devenir allié du silence, ami des jours perdus.
- Comme le crépuscule est beau, on peut se défaire de la méfiance, de la prudence, s’abandonner à l’instant qui ressemble pour une fois à l’idée qu’on se faisait de la vie.
- Quand une souffrance est inconnue, on a plus de force pour lui résister, car on ignore sa puissance : on ne voit que la lutte et on espère qu’une vie plus pleine reprendra plus tard.
- Il faut douter presque de ce qui se passe de vrai sous nos yeux; à combien plus forte raison de ce qui se dit en notre absence ?
- Au nom du progrès, de la justice, de la liberté, de la nation, ou de la religion, on ne cesse de nous embarquer dans des aventures qui se terminent en naufrages.