Le sacré est tout à la fois un facteur primordial de la réalisation individuelle et un outil de régulation des sociétés. Son oubli et son rejet sont l’une des causes de la violence et de la corruption.
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- L’impuissance du pouvoir contre l’individu réellement libre est une des grandes chances de libération de l’homme, c’est le grain de sable de son destin, sa grandeur.
- Le pouvoir, la violence et la foi sont trois formes de dépendance.
- Il n’appartient à aucune religion de faire violence à une autre; un culte doit être embrassé par conviction et non par violence.
- La violence, inhérente à une religion ? Il faut distinguer les adhérents à une religion qui ont pu se laisser aller à des violences.
- La violence exerce un phénomène d’aimantation. Notamment chez des jeunes en mal identitaire, cela crée le sentiment d’une mission, d’un statut, d’une reconnaissance.
- Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple le plus sacré et le plus indispensable des devoirs.
- Les institutions sont la garantie du gouvernement d’un peuple libre contre la corruption des moeurs, et la garantie du peuple et du citoyen contre la corruption du gouvernement.
- Quand le pillage devient un moyen d’existence pour un groupe d’hommes qui vit au sein de la société, ce groupe finit par créer pour lui-même tout un système juridique qui autorise le pillage et un code morale qui le glorifie.
- Dans une civilisation aussi matérialiste, fondée non pas sur l’individu, mais sur la propriété, il est inévitable que cette dernière soit mieux défendue que la personne humaine, et que les crimes contre la propriété soient stigmatisés de façon plus exemplaire que ceux commis contre l’homme.
- Le problème de la civilisation, tel qu’il se pose depuis que l’humanité a pris connaissance d’elle-même, est précisément de substituer aux énergies animales des forces disciplinées, harmonieuses, spiritualisées, de transformer les fanatismes et les idolâtries sauvages en certitudes fondées sur la raison, en convictions fondées sur les exigences de la conscience personnelle.
- La violence animale naît de l’altération des lois de la nature, alors que la violence humaine naît de leur transgression dans la parole et le civilité.
- Comme la bonté, comme la violence, comme la gourmandise, comme tout le reste, l’instinct de conservation n’est pas également réparti sur la masse des individus.
- La corruption fleurit. Le gouffre séparant les riches et les pauvres va s’approfondissant. Alors que certains meurent de faim, d’autres considèrent le gaspillage comme une habitude, voire un devoir social.
- On gagne plus par l’amitié et la modération que par crainte. La violence peut avoir de l’effet sur les natures serviles mais non sur les esprits indépendants.
- Pour qu’un groupe humain perçoive sa propre violence collective comme sacrée, il faut qu’il l’exerce unanimement contre une victime dont l’innocence n’apparaît plus, du fait même de cette unanimité.