Les regrets et la nostalgie sont les oripeaux de notre faiblesse, notre impuissance. Ce sont des mensonges que nous habillons avec des mots qui nous apaisent et facilitent notre sommeil. Cela rend moins cruelle notre défaite.
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Le bonheur conjugal
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Nous nous donnons bien du mal pour fabriquer nos regrets et nos craintes.
Il suffit d’inspirer le regret d’un tort, sans toujours exiger son aveu.
On ne perd pas sans regret même ses pires habitudes. Qui sait ? Ce sont peut-être celles qu’on regrette le plus.
Cette tristesse, que nos fautes nous causent, a un nom particulier, et s’appelle repentir.
O misère de nous ! Notre vie est si vaine qu’elle n’est qu’un reflet de notre mémoire.
L’erreur qui l’abuse et le trouble est de confondre les temps et de se reprocher souvent comme un sentiment actuel ce qui n’est que l’effet d’un souvenir trop tendre.
Nous, les humains, nous sommes condamnés à la nostalgie. La nostalgie, c’est simplement regarder le chemin parcouru depuis l’enfance. La nostalgie, c’est un sentiment humain positif.
Dans la vie, on ne regrette que ce qu’on n’a pas fait.
L’idée du temps, à elle seule, est le commencement du regret. Le regret, le remords, c’est la solidarité du présent avec le passé : cette solidarité a toujours sa tristesse pour la pensée réfléchie, parce qu’elle est le sentiment de l’irréparable.
La nuit enregistre nos peurs et nous en délivre, le jour, par l’effet d’une amnésie bienfaitrice dont l’angoisse est le reste insécable.

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