Ce n’est qu’au prix d’une ardente patience que nous pourrons conquérir la cité splendide qui donnera la lumière, la justice et la dignité à tous les hommes. Ainsi la poésie n’aura pas chanté en vain.
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- Quand le pouvoir pousse l’homme à l’arrogance, la poésie lui rappelle la richesse de l’existence. Quand le pouvoir corrompt, la poésie purifie.
- Puissance et richesse ne sont jamais allées de pair avec la poésie, peut-être est-ce pour cela qu’elle demeure si pure et qu’elle est parfois la seule résistance digne de ce nom.
- Le poète jouit de cet incomparable privilège, qu’il peut à sa guise être lui-même et autrui. Comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun.
- Un poème est une ville, un poème est une nation, un poème est le monde.
- La poésie a toujours été pour moi une leçon d’humanité. Sa beauté réside dans sa générosité, dans son refus de la laideur, de la haine, de la raison arbitraire. Comment un coeur de poète peut-il accepter tant de violence, tant d’injustice ?
- A force de frayer Avec toutes nos paroles A force de voisiner Avec nos sombres passions A force de s’effriter Sur les corps de passage L’amour a-t-il perdu Innocence et plaisir ?
- La vaillance et la fortune suffisent pour faire des conquêtes; mais la sagesse et la justice seules peuvent soumettre les peuples conquis.
- Le sage n’aspire pas au plaisir, mais à l’absence de souffrance : Aristote, ethique à Nicomaque. Nous voyons que le mieux qu’on puisse trouver au monde est un présent sans souffrance, qu’on puisse supporter paisiblement.
- Il n’y a plus de beauté que dans la lutte. Pas de chef-d’uvre sans un caractère agressif. La poésie doit être un assaut violent contre les forces inconnues, pour les sommer de se coucher devant l’homme.
- Le peuple a besoin de poésie comme de pain. Non pas la poésie enfermée dans les mots; celle-la, par elle-même, ne peut lui être d’aucun usage. Il a besoin que la substance quotidienne de sa vie soit elle-même poésie.
- La vie n’est supportable que si l’on y introduit non pas de l’utopie mais de la poésie, c’est-à -dire de l’intensité, de la fête, de la joie, de la communion, du bonheur et de l’amour.
- Toutes les joies de la terre n’assouviraient pas encore notre soif de bonheur, et une seule douleur suffit pour envelopper la vie d’un sombre voile, pour la frapper de néant sur tous les points !
- La poésie a été mise au monde par l’homme et elle ne peut être ailleurs que dans lui - mais il la cherche dans la nature comme s’il l’avait laissée échapper.