Le sage n’aspire pas au plaisir, mais à l’absence de souffrance : Aristote, ethique à Nicomaque. Nous voyons que le mieux qu’on puisse trouver au monde est un présent sans souffrance, qu’on puisse supporter paisiblement.
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- Ni aimer, ni haïr, c’est la moitié de la sagesse humaine : ne rien dire et ne rien croire l’autre moitié. Mais avec quel plaisir on tourne le dos à un monde qui exige une pareille sagesse.
- Le bonheur positif et parfait est impossible; il faut seulement s’attendre à un état comparativement moins douloureux.
- On ne devrait communiquer que depuis l’anéantissement, l’amoindrissement, depuis cette absence momentanée de nous-même où, dévastés, nous sommes ouverts au monde comme une béance.
- Faire le mal est un plaisir, non une joie. La joie, seule vraie victoire sur le monde, est pure dans son essence, elle est donc irréductible au plaisir, toujours suspect et en lui-même et dans ses manifestations.
- Bienheureux, en vérité, le noble esprit qui est ravi dans la riche, la pure connaissance; laquelle est inconnue à tous ceux qui ne sont pas dépouillés de leur moi et de toutes choses.
- L’homme qui sait n’éprouve pas de joie égale à celle qu’on trouve dans l’ombre, de frisson aussi puissant que celui que le danger glace et pour lui, aucune souffrance n’est plus sacrée que celle qui par pudeur n’ose pas se manifester.
- La morale n’est donc pas à proprement parler la doctrine qui nous enseigne comment nous devons nous rendre heureux, mais comment nous devons nous rendre dignes du bonheur.
- Les sages, dit-on, vivant sans passion, vivent sans impatience; et comme ils voient toutes choses d’un même oeil, ils trouvent dans leur quiétude la paix et la dignité de la vie.
- La pitié ne consiste pas à n’être pas cruel et épargner aux gens la vengeance ou la punition. Elle est une chose positive, à part entière, comme l’est le soleil : certains le voient, d’autres non.
- Ni la contrainte, ni la sévérité, ne vous ouvriront l’accès de la vraie sagesse, mais bien l’abandon et une joie enfantine. Quoi que ce soit que vous vouliez apprendre, abordez-le avec gaieté.
- Le vrai sage ne craint pas la mort car il sait que la mort n’est rien. La conscience ne souffre pas puisqu’elle a disparu. Avec la chair qui pourrit, c’est l’esprit qui pourrit aussi, et les désirs, et l’angoisse.
- Notre âme a plus de capacité pour le plaisir que pour la douleur. Une douleur violente fait taire tout sentiment agréable, tandis qu’un plaisir vif ne peut étouffer le sentiment d’une douleur violente.
- La sagesse est de se faire un intérieur calme en dépit des orages extérieurs.
- Celui qui apprend doit souffrir. Et même dans notre sommeil, la douleur quine peut oublier tombe goutte à goutte sur notre coeur, et dans notre désespoir, malgré nous, par la grâce terrible de Dieu nous vient la sagesse.
- La sagesse, qui ne mène pas au bonheur, est une folie mélancolique sans marotte ni grelots.