Ne pouvez-vous comprendre que ce que vous pouvez éprouver ? Vous qui avez vu tant de choses, étudié tant de natures diverses, ne savez-vous pas que l’amour-propre est une cause de dépit et de jalousie aussi bien que la passion veritable ?
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- L’amour n’est pas autre chose que l’idée de la supériorité de l’être qu’on possède, et, cette idée détruite, il n’y a plus que l’amitié.
- Pourquoi donc soupirer et gémir ? Pourquoi nous tourmenter par une jalousie sans motif, par de ridicules caprices et de folles lubies, dans le seul but de rendre notre amour romantique ?
- Si vous voulez connaître la lie des sentiments humains, penchez-vous sur les sentiments que nourrissent les femmes envers les autres femmes : vous frissonnerez d’horreur devant tant d’hypocrisie, de jalousie, de méchanceté, de bassesse.
- Le problème, lorsqu’on se venge par jalousie, c’est que même si l’on inflige de la douleur aux autres, cela n’atténue en rien celle que l’on ressent soi-même. Au bout du compte, tout le monde est malheureux.
- Les fureurs de la jalousie déchirent alors un coeur trop sensible; c’est le plus grand tourment de l’amour; non pas de l’amour physique, mais de l’amour moral.
- L’égoïsme, voilà le genre d’amour qui est justement décrié, parce qu’il n’est pas l’amour de soi, mais une passion désordonnée de soi, passion funeste qui entraîne l’avare vers son argent, et tous les hommes vers l’objet de leurs désirs.
- Le propre de l’amour est de voir les personnes et les choses autrement qu’elles ne sont en réalité. C’est un désir qui ne s’assouvit jamais, bien qu’il n’est pas toujours une chose sensuelle; il est la folie ou la poésie de l’amitié.
- L’amour est-il un art ? En ce cas, il requiert connaissance et effort. Ou bien l’amour est-il une sensation agréable, dont l’expérience est affaire de hasard, ce dans quoi l’on "tombe" si la chance vous sourit ?
- L’amour est comme la mer, qui vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires. Tandis que certains êtres privilégiés passent leur vie à l’admirer en y trouvant sans cesse de changeants phénomènes qui les ravissent.
- Comme il n’est de connaissance, on peut dire qu’il n’est de jalousie que de soi-même. L’observation compte peu. Ce n’est que du plaisir ressenti par soi-même qu’on peut tirer savoir et douleur.
- Il y a des envieux qui paraissent tellement accablés de votre bonheur qu’ils vous inspirent presque la velléité de les plaindre.
- La jalousie témoigne pour l’esprit. Elle est la souffrance de voir l’autre réduit en objet et le désir que tous et tout le reconnaissent comme sujet. On n’est pas jaloux de Dieu.
- Cet amour du beau est ce qu’on nomme le goût. D’autres ont le même amour poussé tellement à l’excès, que, non contents d’admirer, ils cherchent à s’approprier ce beau sous de nouvelles formes. La création du beau est l’art.
- La jalousie, qui semble n’avoir pour objet que la personne qu’on aime, prouve cependant mieux que toutes les autres passions que l’on n’aime que soi-même.
- La jalousie est la fille de l’amour, mais quelquefois c’est elle qui le fait naître, à quoi il faut ajouter que l’homme qui a besoin d’être inquiet pour aimer n’a jamais aimé que lui-même.