L’amour est comme la mer, qui vue superficiellement ou à la hâte, est accusée de monotonie par les âmes vulgaires. Tandis que certains êtres privilégiés passent leur vie à l’admirer en y trouvant sans cesse de changeants phénomènes qui les ravissent.
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- Pour une femme qui n’est ni hollandaise, ni anglaise, ni belge, ni d’aucun pays marécageux, l’amour est un prétexte à la souffrance, un emploi des forces surabondantes de son imagination et de ses nerfs.
- Lorsque nous ne croyons pas avoir le droit d’exprimer le bonheur causé par la présence de l’être aimé, nous déversons les sensations dont surabonde notre coeur dans les objets extérieurs, que nos sentiments cachés embellissent.
- N’est-ce pas vouloir détrôner la perfection que d’essayer à tuer les charmes de la mémoire et les espérances qui survivent à un amant perdu, précisément parce qu’il n’a réveillé que des désirs, tout ce que l’amour a de plus beau, de plus séduisant.
- Oh ! Non ! L’amour est un fanal permanent qui regarde les tempêtes sans être ébranlé par elles; c’est l’étoile brillant pour toute barque errante, dont la valeur est inconnue de celui même qui en consulte la hauteur.
- Cet amour du beau est ce qu’on nomme le goût. D’autres ont le même amour poussé tellement à l’excès, que, non contents d’admirer, ils cherchent à s’approprier ce beau sous de nouvelles formes. La création du beau est l’art.
- Les gens disent qu’ils trouvent l’amour comme s’il s’agissait d’un objet caché sous une pierre. Mais l’amour prend des formes multiples et ce n’est jamais le même pour tout le monde. Ce que les gens trouvent alors est une certaine forme d’amour.
- Chez les jeunes gens, l’amour est le plus beau des sentiments, il fait fleurir la vie dans l’âme, il épanouit par sa puissance solaire les plus belles inspirations et leurs grandes pensées : les prémices en toute chose ont une délicieuse saveur.
- L’amour est un abcès qui, à le nourrir, s’avive et s’envenime; c’est une frénésie que chaque jour accroît, et le mal s’aggrave si de nouvelles blessures ne font pas diversion à la première, si tu ne te confies pas encore sanglant aux soins de la Vénus vagabonde et n’imprimes pas un nouveau cours aux transports de ta passion.
- Un amour commence à exister quand chacun offre à l’autre le fond de ses pensées, les secrets les plus verrouillés. Sinon, ce n’est pas de l’amour, c’est de l’échange de peaux, de désir immédiat.
- L’amour ne s’écrit que grâce à un foisonnement, à une prolifération de détours, de chicanes, d’élucubrations, de délires, de folies… qui tiennent dans la vie de chacun une place énorme.
- L’Amour est fait de finesses, d’imperceptibles sensations. Nous savons qu’il est fort comme la Mort; mais il est aussi fragile que le verre. Le moindre choc le brise et notre domination s’écroule alors, sans que nous puissions la rééditer.
- Parce que l’amour n’existe pas. C’est un mirage, une conception de l’esprit. Ou alors, si vous préférez, l’amour n’existe potentiellement que s’il ne se concrétise pas. Il est une émanation de l’esprit, fait d’espoir, d’attentes et de projections.
- Les adorables plaisirs de l’amour ne sont que les moyens d’arriver à cette union, cette fusion des âmes.
- Il faut que l’amour soit un enthousiasme, une puissance illimitée, une douceur surhumaine, une soif de déborder et d’écoute, la possibilité de coïncider avec soi, une ambition et une naissance - pas un sentiment.
- L’amour n’est qu’une convention fortuite, plus ou moins durable, et dans laquelle le passé surtout garde tous ses droits. Le passé on le fouille, on le commente, on l’épluche, puis ensuite on le calomnie. Cette partie de sa vie nul n’a aucun droit.