Peut-être les très grands hommes, et je le crois tout à fait, sont-ils ceux qui ont conservé, à l’âge où l’intelligence a toute sa force, une partie de cette impétuosité dans les impressions... Qui est le caractère de la jeunesse ?
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- Quel dommage que l’expérience arrive tout juste à l’âge où les forces s’en vont ! C’est une cruelle dérision de la nature que ce don du talent, qui n’arrive jamais qu’à force de temps et d’études qui usent la vigueur nécessaire à l’exécution.
- La jeunesse est belle. Dérision ! Elle est belle, confiante, aventureuse. Elle est riche de tous les espoirs, de toutes les ambitions. Elle est surtout naïve.
- La jeunesse est un temps pendant lequel les conventions sont, et doivent être, mal comprises : ou aveuglement combattues, ou aveuglement obéies.
- L’ego est un truc de jeunesse.
- Quand on vieillit, toutes les choses que l’on a pas vues dans sa jeunesse, on n’y croit pas. Les autres, on les comprend moins. Il ne reste que ce qui est vrai.
- Quelle absurdité de parler de l’ignorance des jeunes gens ! Les seuls hommes dont j’écoute les opinions avec respect sont ceux qui sont plus jeunes que moi. Ils me paraissent marcher devant moi. La vie leur a révélé ses dernières merveilles.
- La cinquantaine, c’est l’adolescence qui revient de l’autre côté de la vie adulte - le serre-livres correspondant - avec ses troubles de l’identité, ses mauvaises surprises physiques et la force qu’il faut pour s’en accommoder.
- La jeunesse se passe à faire croire qu’on est un homme. L’âge adulte à faire croire qu’on est heureux quand on ne l’est pas. La vieillesse à faire croire qu’on n’est pas gâteux quand on l’est.
- Je doute qu’un homme sage et sensé, voulût redevenir jeune aux mêmes conditions qu’il l’a été.
- Combien d’hommes, au seuil de la vieillesse, camouflent en détachement, philosophique ou religieux, le ramollissement de leurs facultés et de leur volonté !
- Il y a des hommes qui mènent un tel deuil dans le cœur de la perte de la jeunesse, que leur amabilité n’y survit pas.
- Tout en remarquant l’ilotisme auquel est condamnée la jeunesse, nous étions étonnés de la brutale indifférence du pouvoir pour tout ce qui tient à l’intelligence, à la pensée, à la poésie.
- La jeunesse elle-même, pourvu qu’on lui fasse confiance, atteint, avant qu’on s’en soit aperçu, le niveau des hommes faits.
- La jeunesse est un défaut... Mais le défaut de l’âge, c’est de voir les défauts de la jeunesse.