Il n’est pas de gouvernement qui ne soit coupable. Par ce qu’il couvre.
Écrivain, 1895-1972 Image : Jacques-Émile Blanche, Domaine public, Wikimedia Commons Il n’est pas de gouvernement qui ne soit coupable. Par ce qu’il couvre.
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Carnets, 1930-1944
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Ne demandez pas à un homme d’être raisonnable quand, justement, la justice et le gouvernement ne le sont pas.
Un gouvernement libre, c’est-à-dire toujours agité, ne saurait se maintenir s’il n’est, par ses propres lois, capable de correction.
Par définition, un gouvernement n’a pas de conscience. Parfois, il a une politique, mais rien de plus.
Maudire une République qui vous reçoit, qui vous instruit, qui vous assiste et qui vous soigne, ce n’est pas de la légitime défense, c’est le comble de l’ingratitude.
Non, non, l’autorité ne veut point de partage.
Le gouvernement fédéral est notre serviteur, pas notre maître.
Ne semez pas la corruption sur la terre.
L’État peut imposer par la force la légalité, mais non les lois de la morale.
Le dissident n’opère pas au niveau du véritable pouvoir. Il ne cherche pas le pouvoir. Il n’a pas envie d’occuper un poste et ne recueille pas de voix. Il ne cherche pas à charmer le public, il n’offre rien et ne promet rien. Il ne peut offrir que sa propre peau – et il l’offre uniquement parce qu’il n’a aucun autre moyen d’affirmer la vérité qu’il défend. Ses actions ne font qu’exprimer sa dignité de citoyen, quel qu’en soit le prix.
La démocratie ne nous protège pas des mensonges. Mais la dictature nous empêche, par essence, de distinguer le vrai du faux.

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