Le dissident n’opère pas au niveau du véritable pouvoir. Il ne cherche pas le pouvoir. Il n’a pas envie d’occuper un poste et ne recueille pas de voix. Il ne cherche pas à charmer le public, il n’offre rien et ne promet rien. Il ne peut offrir que sa propre peau - et il l’offre uniquement parce qu’il n’a aucun autre moyen d’affirmer la vérité qu’il défend. Ses actions ne font qu’exprimer sa dignité de citoyen, quel qu’en soit le prix.
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- Même un acte purement moral qui n’a aucun espoir d’avoir un effet politique immédiat et visible peut progressivement et indirectement, avec le temps, gagner en importance politique.
- Un traître est un homme politique qui quitte son parti pour s’inscrire à un autre. Par contre, un converti est un homme politique qui quitte son parti pour s’inscrire au vôtre.
- On veut toujours le contraire de ce que veut un ennemi. Chaque parti veut que l’on comprenne et satisfasse ses passions, et ne veut ni comprendre ni admettre celles du parti contraire.
- Le métier politique consiste à revendiquer le pouvoir, lequel a deux fonctions principales dans la société. Un, c’est d’y exercer le monopole public de la violence pour ne pas la laisser à la violence privée – il y faut de la police – ou à la violence internationale – il y faut se défendre. Et deux, de canaliser la circulation de l’argent. On touche au sale, par définition. Et on se salit quand on touche au sale, même si les motifs sont propres. Et quiconque prétend faire de la politique en négligeant ces deux aspects est un amateur, et tant qu’angélique il est dangereux.
- Ne pas avoir un point de vue politique correct, c’est comme ne pas avoir d’âme.
- Il n’écoute pas, ne parle pas ne participe pas aux événements politiques. Il ne sait pas que le coût de la vie, le prix des haricots et du poisson, le prix de la farine, le loyer, le prix des souliers et des médicaments dépendent des décisions politiques. L’analphabète politique est si bête qu’il s’enorgueillit et gonfle la poitrine pour dire qu’il déteste la politique.
- Le Parti recherche le pouvoir pour le pouvoir, exclusivement pour le pouvoir. Le bien des autres ne l’intéresse pas. Il ne recherche ni la richesse, ni le luxe, ni une longue vie, ni le bonheur. Il ne recherche que le pouvoir. Le pur pouvoir.
- Refuser, c’est se révolter contre l’injustice du sort, lui montrer qu’on est plus fort que lui.
- La civilisation n’a pas le moindre besoin de noblesse ou d’héroïsme. Ces choses-là sont des symptômes d’incapacité politique.
- On ne se méfie jamais assez des ambitieux qui gravitent autour d’un chef. Bien souvent, ce sont eux qui infléchissent ses actions et qui, à force de le protéger, finissent par l’isoler dangereusement.
- Si l’athée est un esprit faible et pardonnable, le philosophe religieux est un déicide politique, qui usurpe sciemment les fonctions de l’Être suprême.
- En politique, seuls savent s’arrêter ceux qui ne seraient pas partis.
- Il faut savoir être citoyen, c’est-à-dire "faire de la politique". Certes, en faire c’est courir le risque de se tromper; mais ne pas en faire c’est être sûr de se tromper.
- Il n’est point de grand conquérant qui ne soit grand politique. Un conquérant est un homme dont la tête se sert, avec une habileté heureuse, du bras d’autrui.
- A vrai dire, aucune femme moche ne peut réussir en politique. (...) Pour réussir en politique, que l’on soit un homme ou une femme, il faut avoir une capacité à convaincre. Convaincre, c’est séduire, donc il vaut mieux être bien physiquement.