Le métier politique consiste à revendiquer le pouvoir, lequel a deux fonctions principales dans la société. Un, c’est d’y exercer le monopole public de la violence pour ne pas la laisser à la violence privée – il y faut de la police – ou à la violence internationale – il y faut se défendre. Et deux, de canaliser la circulation de l’argent. On touche au sale, par définition. Et on se salit quand on touche au sale, même si les motifs sont propres. Et quiconque prétend faire de la politique en négligeant ces deux aspects est un amateur, et tant qu’angélique il est dangereux.
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- Dans ma philosophie politique, je pense qu’il y a parfois de la place pour la violence.
- Ce qui importe ici, c’est seulement de constater que, partout, une fonction sociale est à la base de la domination politique, et que la domination politique n’a aussi subsisté à la longue que lorsqu’elle remplissait cette fonction sociale qui lui était confiée.
- La politique n’a pas cessé d’être une manipulation qui se dénonce elle-même, puisqu’elle reste la poursuite par des couches particulières de leurs fins particulières sous le masque de l’intérêt général et par l’utilisation d’un instrument de nature universelle, l’État.
- La politique est plus dangereuse que la guerre... A la guerre, vous ne pouvez être tué qu’une seule fois. En politique, plusieurs fois.
- Commençons par rappeler que l’état est un système au moyen duquel s’exerce la force de coercition. Les factions au sein d’un état peuvent se disputer l’adhésion des gens, donnant lieu à des phénomènes démocratiques de surface, mais le soubassement d’un état est l’application - et l’évitement - systématique de la violence.
- Jamais la violence ne viendra à bout de la violence. Jamais le pouvoir ne mettra fin au pouvoir. Quand un ordre est allé au bout de lui-même, il est remplacé par un autre, c’est tout. La politique ne sert à rien.
- Si la loi du plus fort se transforme en relation politique, on ne passe pas de la violence au droit, mais de la force qui s’affirme immédiatement à la force qui calcule.
- La politique est comme la chasse, on entre en politique comme on entre dans l’association des chasseurs. La grande brousse où opère le chasseur est vaste, inhumaine et impitoyable comme l’espace, le monde politique.
- Bref, partout et toujours, ce sont les conditions et les moyens de puissance économiques qui aident la « violence » à remporter la victoire, sans laquelle elle cesse d’être violence.
- Le pouvoir qui fonde un État, c’est la violence; le pouvoir qui le maintient est la violence; le pouvoir qui finit par le renverser est la violence.
- La politique a ses impératifs et ses impérators.
- Tout le monde, en politique, est un tueur. Certains savent tirer, d’autres non. Certains tirent en pleine face, la plupart le font dans le dos. Je tire en pleine face.
- En politique, il faut toujours laisser un os à ronger aux frondeurs.
- La société politique contemporaine : une machine à désesperer les hommes.
- La politique est une arithmétique. Calculette en main, les politiciens doivent faire le compte des intérêts corporatistes qu’ils souhaitent défendre, en défalquant ceux que leur programme ne peut entériner pour des raisons de principes, de tradition ou simplement d’incompatibilité.