Il n’est pas difficile de s’apercevoir si un homme est heureux ou malheureux. La joie et la douleur sont ce qu’on dissimule le moins, surtout dans la jeunesse.
Écrivain, 1844-1924 Image : Nobel Foundation, Domaine public, Wikimedia Commons Il n’est pas difficile de s’apercevoir si un homme est heureux ou malheureux. La joie et la douleur sont ce qu’on dissimule le moins, surtout dans la jeunesse.
Écrivain, 1844-1924 Image : Nobel Foundation, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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La Vie en fleur (1924), chapitre XXI
… J’ai toujours cru que la seule chose raisonnable est de chercher le plaisir, et si vraiment, comme il me semblait, j’étais mal doué pour réussir dans cette recherche, j’avais, comme le roseau de La Fontaine, bien sujet d’accuser la nature. Mais je fis bientôt une découverte d’une grande conséquence:il n’est pas difficile de s’apercevoir si un homme est heureux ou malheureux. La joie et la douleur sont ce qu’on dissimule le moins, surtout dans la jeunesse.Or, après une observation rapide, je m’aperçus que mes camarades, plus beaux et plus fortunés que moi, n’étaient pas plus heureux, et même, en y regardant de plus près, je vis que l’existence m’apportait des satisfactions qui leur étaient refusées. …
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Il n’est pas vrai que la souffrance ennoblisse le caractère ; le bonheur le fait parfois, mais la souffrance, pour la plupart, rend les hommes mesquins et vindicatifs.
Pour la jeunesse, le bonheur c’est jouir. Ne pas souffrir est le bonheur de l’âge.
Sans apprentissage de la douleur, le bonheur n’est pas solide.
Tu voudrais ranimer mon cœur : Sur ce front pâle et sans jeunesse Ne vois-tu pas que la tristesse A banni l’espoir du bonheur ?
Avoir l’air d’être heureux n’est pas le bonheur, l’homme véritablement heureux l’est au fond du cœur.
Une des conditions du bonheur, c’est d’abord de ne pas être malheureux.
C’est une espèce de bonheur, de connaître jusqu’à quel point on doit être malheureux.
C’est étrange, les gens n’osent pas parler de bonheur à celui qui vient d’avoir un grand malheur.
La pitié, plus que tout autre sentiment, est une émotion cultivée ; c’est un enfant qui en aura le moins. La pitié provient de la mémoire de l’homme, des dépôts successifs de l’expérience, de l’angoisse et de la douleur de la vie.
Le bon sens populaire a fait, depuis longtemps, justice d’une expression malheureuse : on ne dit plus jamais fille de joie, on pense parfois fille de douleur.

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