La pâleur montre jusqu’où le corps peut comprendre l’âme.
Écrivain, 1911-1995 Image : Photographer of Keyston agency/Getty Images before Rivarol Premium. Photo taken in the last years of Cioran's life-in-Ro…, Domaine public, Wikimedia Commons La pâleur montre jusqu’où le corps peut comprendre l’âme.
Écrivain, 1911-1995 Image : Photographer of Keyston agency/Getty Images before Rivarol Premium. Photo taken in the last years of Cioran's life-in-Ro…, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Le crépuscule des pensées
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L’aveugle voit dans l’ombre un monde de clarté. Quand l’œil du corps s’éteint, l’œil de l’esprit s’allume.
Au fond, toute âme humaine est cela : une fragile lumière en marche vers quelque abri divin, qu’elle imagine, cherche et ne voit pas.
L’envie suit la vertu comme l’ombre suit le corps.
La vis est le corps sans âme et le tournevis l’esprit.
Le corps est la chair de l’esprit. Chaque tourment de l’âme laisse sous la peau une fêlure et dessus, une foulure.
Comment un pur esprit agirait-il sur une âme enfermée dans un corps, et qui, en vertu de cette union, ne peut rien apercevoir que par l’entremise de ses organes ?
La réflexion est appelée l’œil de l’âme.
L’âme est le goût de l’absolu donc de la perte – la pelote de lumière lancée violemment contre le haut mur de la mort, et les rebonds qu’elle fait dans la pensée.
Si le corps est droit qu’importe que l’ombre soit tordue.
Tout corps traîne son ombre et tout esprit son doute.

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