Notre instinct nous fait sentir qu’il faut chercher notre bonheur hors de nous.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Notre instinct nous fait sentir qu’il faut chercher notre bonheur hors de nous.
Écrivain, 1623-1662 Image : Clermont Auvergne Métropole, Bibliothèque du patrimoine, GRA 6025, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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Pensées (1670), Pensées, section VII
Notre instinct nous fait sentir qu’il faut chercher notre bonheur hors de nous; nos passions nous poussent au dehors, quand même les objets ne s’offriraient pas pour les exciter; les objets du dehors nous tentent d’eux-mêmes et nous appellent, quand même nous n’y pensons pas. …
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À quoi bon chercher notre bonheur dans l’opinion d’autrui, si nous pouvons le trouver en nous-mêmes ?
C’est précisément à quoi j’en voulais venir. On a du plaisir quand on en veut avoir : c’est l’opinion seule qui rend tout difficile, qui chasse le bonheur devant nous.
À trop chercher le bonheur ailleurs, on finit par oublier celui que l’on a devant soi…
Ce n’est pas dans la jouissance que consiste le bonheur, c’est dans le désir, c’est à briser les freins qu’on oppose à ce désir.
Lorsque nous ne croyons pas avoir le droit d’exprimer le bonheur causé par la présence de l’être aimé, nous déversons les sensations dont surabonde notre cœur dans les objets extérieurs, que nos sentiments cachés embellissent.
Le bonheur que vous cherchez si loin de vous peut-être bien qu’il est en vous c’est ce petit élan du cœur ce goût qui nous vient tout à coup au lieu d’être violent d’être doux au lieu d’être mesquin.
Beaucoup de gens ont une idée fausse de ce qu’est le vrai bonheur. On ne l’atteint pas à travers la gratification personnelle, mais en restant fidèle à un objectif qui en vaille la peine.
Dans l’état du triomphe on peut goûter une jouissance d’orgueil telle, qu’elle donne l’illusion du bonheur. Mais cette surexcitation passagère est loin de la vraie et pure joie qui nous monte, au cœur quand nous sommes seuls.
C’est bien là notre bonheur humain : un moment, l’extase nous berce au fil du courant, puis il nous faut ramer douloureusement contre elle…
Il est dans la nature humaine de goûter le malheur d’autrui, ne serait-ce que pour se donner l’illusion de son propre bonheur.

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