C’est bien là notre bonheur humain : un moment, l’extase nous berce au fil du courant, puis il nous faut ramer douloureusement contre elle…

C’est bien là notre bonheur humain : un moment, l’extase nous berce au fil du courant, puis il nous faut ramer douloureusement contre elle…

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Source vérifiée
Au large de l'écueil
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On est soi-même l’artisan de son bonheur et on en est parfois aussi le principal obstacle.
Dans l’état du triomphe on peut goûter une jouissance d’orgueil telle, qu’elle donne l’illusion du bonheur. Mais cette surexcitation passagère est loin de la vraie et pure joie qui nous monte, au cœur quand nous sommes seuls.
Puisse notre sort, tel qu’il est, durer autant que notre vie ! L’esprit s’orne, la raison s’éclaire, l’âme se fortifie, le cœur jouit : que manque-t-il à notre bonheur ?
Le bonheur, songea-t-elle, est fait de petites choses. On l’attend toujours avec une majuscule, mais il vient à nous sur ses jambes frêles et peut nous passer sous le nez sans qu’on le remarque.
C’est quand on est à l’apogée du malheur que l’on apprécie le plus le bonheur.
Pour digérer le bonheur naturel comme l’artificiel, il faut d’abord avoir le courage de l’avaler.
Notre fragile bonheur d’ici-bas n’est-il donc point l’attestation d’un autre bonheur complet, comme la terre, fragment du monde, atteste le monde ?
Du moment que le bonheur, c’est de vivre, on doit le trouver aussi bien dans la douleur que dans le plaisir et parfois jusque dans l’ennui.
On ne possède pas le bonheur comme une acquisition définitive. Il s’agit à chaque instant de faire jaillir une étincelle de joie. Ne l’oublions pas : « Souris au monde et le monde te sourira. ».
Tout nous échappe sans cesse, même les êtres qu’on aime. Mais reste la certitude que certains moments ont été ce qu’on appelle le bonheur.

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