Notre fragile bonheur d’ici-bas n’est-il donc point l’attestation d’un autre bonheur complet, comme la terre, fragment du monde, atteste le monde ?
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Notre fragile bonheur d’ici-bas n’est-il donc point l’attestation d’un autre bonheur complet, comme la terre, fragment du monde, atteste le monde ?
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Séraphîta (1835)
… Les passagères félicités des amours terrestres sont des lueurs qui trahissent à certaines âmes l’aurore de félicités plus durables, de même que la découverte d’une loi de la nature en fait supposer, à quelques êtres privilégiés, le système entier.Notre fragile bonheur d’ici-bas n’est-il donc point l’attestation d’un autre bonheur complet comme la terre, fragment du monde, atteste le monde?Nous ne pouvons mesurer l’orbite immense de la pensée divine de laquelle nous ne sommes qu’une parcelle aussi petite que Dieu est grand, mais nous pouvons en pressentir l’étendue, nous agenouiller, adorer, attendre. …
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Qu’importe le bonheur quand on n’a point la joie !
Un bonheur est tout le bonheur ; deux, c’est comme s’ils n’existaient plus.
Finalement, le bonheur, n’est-ce pas ce après quoi nous courons tous sans être jamais vraiment capables de le reconnaître ?
Un bonheur ne peut pas être complet tant que la peine n’y entre pas pour quelque chose.
Nous ne sommes pas assez stables dans nos façons de penser pour pouvoir compter que telle ou telle chose puisse nous rendre heureux ; le vrai bonheur est d’être exempt d’ennui ; tout ce qui en préserve est également bon.
Le plus important, ce n’est pas l’apparence d’un logis, mais le bonheur qu’il abrite !
Il n’est pas certain que le bonheur survenu trop tard, quand on ne peut plus en jouir, quand on n’aime plus, soit tout à fait ce même bonheur dont le manque nous rendit jadis si malheureux.
Se connaître en bonheur, ce n’est pas facile.
Il paraît qu’on n’a pas toujours, ici-bas, le bonheur qu’on mérite, mais celui qui nous ressemble.
Ah ! Comme on s’accoutume au bonheur ; hélas ! On ne le connaît bien que lorsqu’on l’a perdu.

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