Sans le mot qui seul compte dans l’expression d’une pensée, la pensée en question n’est qu’un pur fantôme en attente de corps. Là où les mots manquent pour le dire, manque aussi la pensée.
Image : Sans le mot qui seul compte...

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- J’avais toujours pensé sottement que la dépression nerveuse était un terme inventé pour exprimer une espèce de faiblesse psychologique, un manque d’énergie. Maintenant, je suis persuadé du contraire, et je l’explique dans mon livre en montrant que c’est le corps qui commande et qu’il n’y a aucune énergie à opposer aux décisions du corps dépressif.
- Il y a là un manque de curiosité... Comme une atrophie... Dans le vide qui s’est creusé en lui... Une atrophie... Oui, un manque de souplesse, une sorte de rigidité.
- Feindre le malaise est l’ultime refuge de qui manque d’imagination.
- L’ignorant n’est pas celui qui manque d’érudition mais celui qui ne se connaît pas lui-même.
- Tel pense être instruit qui ne l’est point et dont l’ignorance est si grande qu’il n’est pas même en état de sentir ce qui lui manque.
- La parole écrite doit être l’incarnation naturellement nécessaire d’une pensée et non la livrée mondaine d’une opinion.
- Quand tu t’imposes le silence, tu trouves des pensées; quand tu te fais une loi de parler, tu ne trouves rien à dire.
- Une pensée réellement profonde a toujours quelque chose de paradoxal, qui apparaît aux esprits médiocrement doués comme obscur et contradictoire.
- Du moment que la pensée n’est pas tout, elle n’est qu’un égarement de ce qui n’est pas elle.
- La pensée n’est qu’un rêve du toucher, un attouchement mort, une vie grise et faible.
- Un pauvre amant dit ce qu’il pense Sans trop penser à ce qu’il dit. Le désordre est son éloquence; Quand le coeur parle, adieu l’esprit.
- Si l’on envisage la mort elle-même, et si, divisant sa notion, on en écarte les fantômes dont elle s’est revêtue, il ne restera plus autre choses à penser, sinon qu’elle est une action naturelle. Or celui qui redoute une action naturelle est un enfant.
- Un véritable homme de lettres, à la pensée de sa mort, est triste moins de mourir que de ne pouvoir concevoir sur la mort ne fût-ce qu’une seule pensée originale.
- La pensée ne peut pas sortir de l’existence; le passage à l’existence est quelque chose de radicalement impensable, quelque chose qui n’a même aucun sens, ce que nous appelons ainsi est une certaine transformation intra-existentielle.
- Penser ne consiste pas à avoir des idées, à faire des discours savants. Penser, c’est rester ouvert, questionnant.