Nous fuyons devant nos peurs comme le cheval devant son ombre : nous ne pourrons jamais les distancer. Mais en cessant de fuir, nous cessons de les nourrir.

Nous fuyons devant nos peurs comme le cheval devant son ombre : nous ne pourrons jamais les distancer. Mais en cessant de fuir, nous cessons de les nourrir.

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Et n'oublie pas d'être heureux
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Si elle n’avait pas été obnubilée par la crainte, elle aurait raisonné avec plus de finesse ; elle se serait dit qu’on ne fuit pas loin des gens à moins d’avoir peur d’eux, et qu’on n’a peur d’eux que lorsqu’on se sait désarmé.
Les peurs que nous n’affrontons pas deviennent nos limites.
Cela ne servait à rien de chercher à déloger la peur, sinon à l’enfoncer plus profondément, comme dans ces sables mouvants dont on dit qu’il ne faut surtout pas bouger si l’on ne veut pas s’y noyer, aspiré, englouti.
On ne devrait jamais craindre d’être volé. N’est volé que ce que l’on a. Le pire au fond de nous c’est ce qu’on n’a pas. C’est le manque. Et personne ne nous le volera jamais. Personne ne peut voler le manque. Personne. Quel dommage !
Nous marchions à pas légers, muets, pour n’effaroucher aucun dieu, ni le gibier, écureuils, lapins, chevreuils, qui folâtre et s’ébroue.
Lorsque nous appelons les réflexions, elles nous fuient ; et quand nous voulons les chasser, elles nous obsèdent, et tiennent malgré nous nos yeux ouverts pendant la nuit.
Quand nous sommes libérés de nos propres peurs, notre présence libère automatiquement les autres.
À la longue, on finit par être fatigué d’avoir peur.
Supposons que tous les chevaux fussent soudain rendus à la liberté, que feraient-ils ? Ils deviendraient sauvages. Mais supposons qu’ils fussent tous enfermés dans leur pré, enclos, corral, écurie, que feraient-ils ? Ils deviendraient fous.
L’incompréhensible, c’est ça le plus difficile. Nous ne le supportons pas. Nous avons peur de l’inexplicable comme du vide.

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