La fidélité pendant la vie, ce n’est rien ; mais mourir, paraître devant Dieu sans avoir trompé sa femme, quelle humiliation !
Écrivain, 1864-1910 Image : auteur inconnu, Domaine public, Wikimedia Commons La fidélité pendant la vie, ce n’est rien ; mais mourir, paraître devant Dieu sans avoir trompé sa femme, quelle humiliation !
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Journal, 1887-1910
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Qu’on ne me parle plus de la fatalité, elle n’existe que par la veulerie des êtres. Ruses des hommes, désirs des dieux, ne tiennent pas contre la volonté et l’amour d’une femme fidèle…
La femme que Dieu comble de bonheur est celle qui meurt avant son mari.
En ces heures d’amertume où l’on brisait sa vie, il comprit la valeur de l’amour d’une femme. Une épouse ! La seule qui puisse chérir un homme piétiné par des bottes de fonte !
Ainsi, pas une protestation ! De la reconnaissance au contraire ! Comme Job que la main de l’Eternel broie sans obtenir de son cœur un blasphème… Ce martyr est décourageant.
Votre femme était une martyre. Nous lui serons éternellement reconnaissants. Mais ça ne vous autorise pas à chahuter son sacrifice ni à mettre en danger qui que ce soit. Nous respectons votre douleur, respectez notre combat.
Dieu se meurt, dieu est mort. Vive l’humanité ! Quel soulagement : notre ennemi le plus cruel est vaincu.
On envisage la mort avec sérénité si, au moment de mourir, on peut être fier de sa vie. Une vie qui s’est entièrement vouée à la pratique de la vertu n’est jamais trop courte.
Le mariage est comme la chair, la mort seule la sépare de l’os.
Courage !
Tu es mort sans avoir eu à pleurer aucun de tes enfants et en laissant vivante l’épouse que tu aimais.
Mais qui donc a dit qu’il est plus facile de mourir pour la femme qu’on aime que de vivre avec elle ?

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