La férocité naturelle fait moins de cruels que l’amour-propre.
Écrivain · 1613-1680 Image : Théodore Chassériau · Domaine public · Wikimedia Commons La férocité naturelle fait moins de cruels que l’amour-propre.
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Maximes et Réflexions, suivies des œuvres mêlées de Saint Evremond (1664), p. 104
Dans la vieillesse de l’amour comme dans celle de l’âge on vit encore pour les maux, mais on ne vit plus pour les plaisirs.
Les passions seules ont le droit de les mettre au jour, et de nous donner quelquefois des vues plus certaines et plus achevées que l’art ne saurait faire.
Les amitiés renouées demandent plus de soins que celles qui n’ont jamais été rompues.
Il n’est jamais plus difficile de bien parler que quand on a honte de se taire.
Les faux honnêtes gens sont ceux qui déguisent leurs défauts aux autres et à eux-mêmes ; les vrais honnêtes gens sont ceux qui les connaissent parfaitement, et les confessent.
L’espérance et la crainte sont inséparables, et il n’y a point de crainte sans espérance, ni d’espérance sans crainte.
La vérité ne fait pas tant de bien dans le monde que ses apparences y font du mal.
La justice dans les juges qui sont modérés n’est que l’amour de leur élévation.
Le moindre défaut des femmes qui se sont abandonnées à faire l’amour, c’est de faire l’amour.
Les défauts de l’âme sont comme les blessures du corps : quelque soin qu’on prenne de les guérir, la cicatrice paraît toujours, et elles sont à tout moment en danger de se rouvrir.