Ce qui fait d’un livre une oeuvre d’art, c’est précisément tout ce qui empêche de le résumer en une formule, toute cette richesse, cette beauté secrète qui, bien souvent, contredit d’une certaine manière, serait-ce à l’insu de l’auteur lui-même, le mouvement visible de sa pensée.
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- C’est la supériorité et la loi puissante de cet art que son rythme, sa vitesse, son caractère d’éloignement de la vie, son aspect illusoire exigent un criblage serré et l’essentialisation de tous ses éléments.
- Il existe des livres qui font ressentir un amour plus intense que celui qu’on a connu, un courage plus grand que celui dont on a fait preuve. C’est l’effet que doit produire l’art.
- Un art sans spectateur est inconcevable et l’idée de la participation est évidente, dès lors qu’un récepteur peut faire siens les sentiments ou les pensées d’un auteur, et vivre en accord avec eux.
- Les ouvrages ont parfois le choix : devenir ou une oeuvre d’auteur ou une oeuvre d’art.
- Lire un roman est un art difficile et complexe. Il faut être capable non seulement d’une grande finesse de perception, mais d’une grande hardiesse d’imagination.
- Et quand l’art nous convie au festin émerveillé, parfois il se pare de la mélancolie qui s’attache à la connaissance de notre finitude. Cette association secrète entre deux sentiments qu’on aurait pu croire contradictoires nous indique que l’émerveillement est souvent composite.
- La littérature, c’est un reproche qu’on adresse au monde. Dans ce reproche, chacun s’y retrouve. L’art se fait contre le destin.
- Un tableau doit être comme des étincelles, il faut qu’il éblouisse comme la beauté d’une femme ou d’un poème. L’art peut mourir, ce qui compte c’est qu’il ait répandu des germes sur la terre.
- Dans les ouvrages de l’art c’est le travail et l’achèvement que l’on considère, au lieu que dans les ouvrages de la nature, c’est le sublime et le prodigieux.
- Dieu ne doit pas faire de théologie; l’écrivain ne doit pas anéantir par des raisonnements humains la foi momentanée que l’art exige de nous.
- Évidente, l’oeuvre d’art n’en reste pas moins à jamais intraduisible, inexplicable, indicible par quelque autre langage - puisqu’elle ne renvoie qu’à elle-même.
- L’art est maintenant un courant d’opinion. Celui qui n’est point entraîné croit ne rien comprendre, alors que précisément lui seul cherche à comprendre.
- L’idée que se fait l’artiste de son art ou le savant de la science croît toujours en raison inverse du sentiment qu’ils ont de leur propre valeur.
- Une œuvre d’art n’est jamais belle, par décret, objectivement, pour tous. La critique est donc inutile, elle n’existe que subjectivement, pour chacun, et sans le moindre caractère de généralité.