Il y a là un épanouissement dans la force, une santé dans la gaieté... Quelque chose de gaulois, de dru et de libre que l’on ne trouverait peut-être nulle par ailleurs que chez Rabelais.
Image : Il y a là un épanouissement...

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- La pensée est une maladie. L’être heureux, c’est l’idiot, le gâteux. - Non, l’être heureux par excellence serait celui qui aurait juste assez d’intelligence pour apprécier ses jouissances matérielles, être heureux de digérer.
- La vérité de la vie, c’est la vie bestiale : les choses sont ainsi arrangées que tout homme qui essaye d’en sortir paye cela par de continuels tourments, une série non interrompue de coups d’épingles et de coups de poignards.
- Ce qui tuera l’ancienne société, ce ne sera ni la philosophie, ni la science. Elle ne périra pas par les grandes et nobles attaques de la pensée, mais tout bonnement par le bas poison, le sublimé corrosif de l’esprit français : la blague.
- Telle petite oeuvre imparfaite survivra à telle oeuvre imposante, bâtie en manière de chef-d’oeuvre : ainsi des insectes sans bouche survécurent aux grands sauriens.
- Volupté : pour les coeurs libres, innocente et libre, paradis terrestre, effusion reconnaissante de l’avenir envers le présent.
- Les connaissances qu’ils vénéraient ont servi à mettre au point une arme si puissante qu’elle n’est plus une arme, mais une figure sacrée de l’apocalypse. Ils en ont tous été les oracles et les esclaves.
- Le mortel qui joint une santé florissante à la richesse et à la gloire doit se garder d’envier le sort des dieux.
- Depuis le Calvaire et le Mont des Oliviers, il n’y a rien qui n’ait été tenté par l’interne pourceau du coeur de l’homme, contre cette excessive magnificence de la Douleur.
- Qui sait si toute notre culture n’est pas une hypertrophie, un écart, un développement insoutenable, qu’une ou deux centaines de siècles aura suffit à produire et à épuiser ?
- Ce n’est pas un mince bonheur qu’une condition médiocre : le superflu grisonne plus vite, le simple nécessaire vit plus longtemps.
- J’ai un peu voyagé; j’ai vu des mortels fort au-dessous de nous, j’en ai vu de fort supérieurs; mais je n’en ai vu aucuns qui n’aient plus de désirs que de vrais besoins, et plus de besoins que de satisfaction.
- Attendre toujours, pour commencer l’ouvrage, que le corps soit bien disposé, que la santé soit parfaite et les forces physiques en bon état, c’est pour beaucoup d’hommes se condamner à l’inaction, c’est dévouer sa vie à la stérilité.
- Le cigare et la vodka, compagnons idéaux de ces moments de repli. Aux pauvres gens solitaires, il ne reste que cela. Et les ligues hygiénistes voudraient interdire ces bienfaits ! Pour nous faire parvenir à la mort en bonne santé ?
- La maladie fait trouver du plaisir dans la santé, le mal dans le bien, la famine dans l’abondance, l’épuisement dans le repos.
- Cette vie d’ici-bas est un voile que la souffrance et la maladie rendent plus épais à certaines âmes, qui ne se soulève que par moments pour les organisations les plus solides, et que la mort déchire pour tous.