Doncques, si de parler le pouvoir m’est ôté,
Pour moi, j’aime autant perdre aussi l’humanité,
Et changer mon essence en celle d’une bête.
Dramaturge, 1622-1673 Image : Pierre Mignard I, Domaine public, Wikimedia Commons Doncques, si de parler le pouvoir m’est ôté,
Pour moi, j’aime autant perdre aussi l’humanité,
Et changer mon essence en celle d’une bête.
Dramaturge, 1622-1673 Image : Pierre Mignard I, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Le Dépit amoureux (1656), acte II, scène 6, Métaphraste
Le texte original diffère de quelques mots.
D’où vient fort à propos cette sentence expresse D’un philosophe: « parle, afin qu’on te connoisse. »Doncques, si de parler le pouvoir m’est ôté, Pour moi, j’aime autant perdre aussi l’humanité, Et changer mon essence en celle d’une bête.Me voilà pour huit jours avec un mal de tête. Oh! Que les grands parleurs sont par moi détestés! Mais quoi? …
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Un Prométhée en passion je suis, et pour aimer perdant toute puissance, ne pouvant rien je fais ce que je puis.
On n’acquiert tout pouvoir sur les autres qu’en renonçant à tout pouvoir sur soi-même.
Le pouvoir, s’il est amour de la domination, je le juge ambition stupide. Mais s’il est acte de créateur et exercice de la création […] alors le pouvoir je le célèbre.
C’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le dirait ! la vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.
Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé ; et le courage de changer de qui peut l’être ; mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre.
Se détacher de soi-même, chose belle et nécessaire ! D’ailleurs, mon moi du dehors, que me fait ! Les actes ne comptent pas ; ce qui importe uniquement, c’est mon moi du dedans ! Le Dieu que je construis.
Moi ! Moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan !
Je suis une force qui va !
C’est que le pouvoir est maudit, et c’est pour cela que je suis anarchiste.
Si vous me refusez le pouvoir absolu, comment diable voulez-vous que je fonde la liberté ?

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