Et si l’on a pu dire enfin que le romantisme avait pris en tout le contre-pied du classicisme, la grande raison en est que le classicisme avait fait de l’impersonnalité de l’oeuvre d’art l’une des conditions de sa perfection.
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- La modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable. Il y a eu une modernité pour chaque peintre ancien.
- L’Art est d’abord magique, puis religieux; au seizième siècle de notre ère, il renaît égocentrique; quatre cents ans plus tard il se fait peur sur les bords du néant; finalement il se jette tout entier dans les bras du marketing.
- L’art moderne est - dans la mesure où il vaut quelque chose - un retour à l’enfance. Son thème éternel est la découverte des choses, découverte qui ne peut se produire, sous sa forme la plus pure, que dans le souvenir de l’enfance.
- Il y a de la volute ionique dans Mozart, » disait un jour Gounod, caractérisant d’un mot pittoresque ce style, fait de charme et de pureté, source d’une impression d’art analogue a celle que nous a donnée la Grèce antique.
- La liberté et le progrès sont le but dans l’art, comme dans la vie tout entière. Si nous ne sommes pas aussi solides que les maîtres anciens, le raffinement de la civilisation a du moins élargi bien des choses.
- Je le devine, je vous irrite. Vous haïssez la logorrhée des vieillards; il y a une mythologie de l’artiste qui en fait un ange météoritique ou un prodige. L’art, c’est la grâce, l’incandescence du génie, surtout pas un soliloque de vieille carne.
- La perfection évangélique n’est que l’art funeste d’étouffer la nature...
- Peut-être l’art n’est-il que la volonté quotidienne de se tenir serré contre l’impossible perfection.
- Vous me permettrez donc de citer Horace. Ce poète, ou faiseur, dit quelque part : Omne tulit punctum, qui miscuit utile dulci; le mérite suprême est d’avoir réuni l’agréable à l’utile. La perfection consiste à concilier ces deux points.
- Et quand l’art nous convie au festin émerveillé, parfois il se pare de la mélancolie qui s’attache à la connaissance de notre finitude. Cette association secrète entre deux sentiments qu’on aurait pu croire contradictoires nous indique que l’émerveillement est souvent composite.
- Quand on est réduit à faire de la philosophie religieuse, c’est qu’il n’y a plus de religion; quand on fait de la philosophie de l’art, c’est qu’il n’y a plus d’art.
- L’art ne peut se relever d’être devenu marchandise, cette perversion du sens est irrémédiable.
- Ce qui fait d’un livre une oeuvre d’art, c’est précisément tout ce qui empêche de le résumer en une formule, toute cette richesse, cette beauté secrète qui, bien souvent, contredit d’une certaine manière, serait-ce à l’insu de l’auteur lui-même, le mouvement visible de sa pensée.
- A la suite des auteurs, les critiques docilement décrétaient que l’office essentiel de l’oeuvre d’art est de plaire. Le succès est la loi; et quand le succès dure, il n’y a qu’à s’incliner.
- Il en est aujourd’hui qui savent, et beaucoup qui pressentent, que la philosophie est moins une science qu’un art. Or, l’art est l’expression la plus haute, la plus vivante de la vie.