Un désamour tenace envers cette petite femme que j’avais longtemps appelée par son prénom, lina. Dix fois par jour j’oubliais que j’étais son fils. Et autant de fois, je m’efforçais de m’en souvenir.
Image : Un désamour tenace envers cette petite...

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- Je savais bien que j’avais aimé ma mère. Mais je ne retrouvais plus ces sensations de chaleur, ni aucune marque tangible d’affection entre nous.
- Comme il m’est difficile de garder assez d’amour en moi pour ne pas m’effrayer de cette nouvelle femme qui émerge de la femme tant aimée devenue d’autant plus méconnaissable que tout d’elle est encore là mais sans elle !
- Je suis devenu l’enfant sans je t’aime. Un orphelin privé d’amour à cause de parents trop fatigués pour le lui dire.
- C’était un mystère pour elle, cette facilité de l’amour romantique à changer, la célérité avec laquelle l’être aimé devenait un étranger. Où l’amour s’enfuyait-il ? Peut-être le véritable amour était-il familial, une affaire de sang, puisque l’amour des enfants ne mourait pas comme l’amour romantique.
- Est-il possible que chaque instant porte de nouveau en germe mon rêve d’amour éternel ? Comment recouvrer une certitude d’enfant qu’on a un jour perdue ?
- Je ne veux pas dire par là que j’avais cessé de l’aimer, que je l’avais oubliée, que son image avait pâli; au contraire : elle m’habitait jour et nuit, comme une nostalgique silencieuse; je la désirais comme on désire des choses perdues à jamais.
- J’avais basculé d’un coup du royaume de la solitude dans celui de l’amour et je trouvais curieux d’avoir le même visage, le même nom, le même âge.
- Je venais de perdre mon premier amour, celui qui marque le plus douloureusement; sans doute parce qu’à mon âge, stupidement, on a la naïveté de le croire éternel. Mais s’il l’était vraiment éternel l’appellerait-on encore premier ?
- C’est ma mère, ce n’était plus la femme que j’avais toujours connue au-dessus de ma vie, et pourtant, sous sa figure inhumaine, par sa voix, ses gestes, son rire, c’était ma mère, plus que jamais.
- Je ne lui dis jamais mon amour en paroles pourtant, si les regards ont un langage, la plus simple d’esprit aurait pu deviner que j’étais amoureux fou.
- Je ne suis qu’une femme fuyant les souvenirs qui inlassablement la rattrapent.
- Les mots d’amour que je murmurais retrouvaient leur enfance, comme s’ils venaient de naître et que rien encore ne leur était arrivé.
- Ah ! Si je t’aimais, gémissait-elle, comme je t’aimerais !
- Au delà des paroles et de la bienveillance Il existe des voies difficiles à cerner Faites de souvenirs, d’amour et de silence Et que bien des savants vous diront ignorer.
- Quand nous nous sommes retrouvés à l’extérieur du cimetière, rue de Rachel, je lui ai demandé comment elle s’appelait. Elle m’a craché au visage. Je lui ai dit que je l’aimais trop pour l’appeler crachat.