Une date merveilleuse, isolée, suspendue entre les deux années comme une fleur de givre : le jour de l’An…
Écrivaine, 1873-1954Une date merveilleuse, isolée, suspendue entre les deux années comme une fleur de givre : le jour de l’An…
Écrivaine, 1873-1954Partager sur
Source vérifiée
Les Vrilles de la vigne (1908), « Rêverie de nouvel an »
Le texte original diffère de quelques mots.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Voici Noël dans les planètes ! Loups à la montagne et vents à la mer... À travers ton ombre, ô Tempête Nous pendrons l’Étoile au front de l’hiver.
Mon Dieu ! Que la vieillesse est donc un meuble inconfortable !
Une telle léthargie m’atteint toujours à ce moment de l’année où l’hiver est bien installé et le printemps encore si loin. Au milieu de la glace de fin janvier on n’a plus d’énergie pour continuer et il est impossible de rebrousser chemin.
Si tu disais : Voici l’Hiver. Le soleil saigne sur la mer, La barque est prise aux glaces du port, L’âtre fume, le vent halète Ou ricane, glapit ou guette Et jappe et mord ; Le jour finit en soir amer... Si tu disais : Je suis la douleur et l’hiver ; Je t’aimerais.
Pas encor le printemps, mais ce n’est plus l’hiver. Votre âme, ô ma charmante, a ces heures mêlées.
La neige, eau éclatée, sable de gel, sel non pas de la terre, mais du ciel, sel non salé, au goût de silex, à la texture de gemme pilée, au parfum de froidure, pigment du blanc, seule couleur qui tombe des nuages.
Entre les loups cruels, j’erre parmi la plaine Je sens venir l’hiver, de qui la froide haleine D’une tremblante horreur fait hérisser ma peau.
La neige est le plus beau des livres d’enfant.
La neige, ce n’est rien, du néant que nous passons notre vie à déplacer entre deux courts étés.
Quand, durant tout un jour, il est tombé de la pluie, de la neige, de la grêle et du verglas, on est tranquille. Parce que, à part ça, qu’est-ce que vous voulez qu’il tombe ?… Oui, je sais, mais enfin, c’est rare…