Ceux qui semblent légiférer selon la justice ne s’en tiennent pas eux-mêmes aux lois qu’ils établissent et décrètent.

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Ceux qui semblent légiférer selon la justice ne s’en tiennent pas eux-mêmes aux lois qu’ils établissent et décrètent.

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Je commence à croire que le peuple n’a rien à voir dans les lois si ce n’est pour leur obéir.
Ce qui n’offense pas la société n’est pas du ressort de sa justice.
La loi est censée être le bras séculier de la justice. Elle n’est souvent que la prothèse du pouvoir.
Même les gens impartiaux ne sont pas impartiaux. Ils sont pour la justice.
Il n’est pas nécessaire d’être avocat ou magistrat pour savoir que la légalité et la justice sont loin d’être synonymes.
Ne demandez pas à un homme d’être raisonnable quand, justement, la justice et le gouvernement ne le sont pas.
L’État peut imposer par la force la légalité, mais non les lois de la morale.
La moralité ne peut pas être légiférée, mais le comportement peut être réglementé. Les décrets judiciaires peuvent ne pas changer le cœur, mais ils peuvent retenir les sans-cœur.
Quand la loi est injuste, il est juste de la combattre – et il peut être juste, parfois, de la violer. Justice d’Antigone, contre celle de Créon. Des résistants, contre celle de Vichy. Des justes, contre celle des juristes.
Il n’y a point encore de liberté si la puissance de juger n’est pas séparée de la puissance législative et de l’exécutrice.

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