Ma boîte aux lettres, c’était ma cachette. Elle me reliait au reste du monde et recelait dans la magie de son obscurité le pouvoir de créer des événements.
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- Je ne sais pas pourquoi les gens tiennent tant à rendre publics les détails de leur vie privée; ils oublient que l’invisibilité est un super pouvoir.
- Le Moyen-Âge ne m’a retenu que parce qu’il avait le pouvoir quasi magique de me dépayser, de m’arracher aux troubles et aux médiocrités du présent et en même temps de me le rendre plus brûlant et plus clair.
- Et avec quelle quantité d’illusions ai-je dû naître pour pouvoir en perdre une chaque jour !
- Le monde des adultes m’apparaît comme un plancher sur lequel on croit pouvoir marcher, qui se révèle pourri, rongé par les termites du mensonge et du vice.
- J’ai trouvé mon île au trésor. Je l’ai trouvée dans mon monde intérieur, dans mes rencontres, dans mon travail.
- Très tôt, j’ai su quel chemin serait le mien, à quel jeu je jouerais. Ce jeu m’amuse, il compose une part de ma vie secrète. Personne ne peut se dire l’organisateur de mes libertés. Ma vie est mienne, et mes secrets aussi.
- Ma captivité était devenue un délice, une promesse de beaux lendemains, un horizon dont je voyais les contours et que je n’avais jamais connu, les frontières d’un nouveau pays qui s’appellerait l’amour.
- Je concentrais toutes mes forces, observant cette ombre qu’est la réalité ambiante; ombre de quelque édifice ou de quelque mur qu’il ne nous est pas loisible de contempler.
- Aidez-moi à écrire, montrez-moi les portes Où sont affichés les ordres. Et la cage Où mon courage Sous le regard de mon âme fascinée Rugit derrière les grilles.
- J’ai appris à aimer le secret. Il me semble que c’est la seule chose qui puisse nous faire la vie moderne mystérieuse ou merveilleuse. La plus commune des choses nous paraît exquise si quelqu’un nous la cache.
- Le Rêve est une seconde vie. Je n’ai pu percer sans frémir ces portes d’ivoire ou de corne qui nous séparent du monde invisible.
- La lecture a été quelque chose de magique pour moi. Il faut une vraie magie pour envisager un autre monde et essayer de le comprendre. Et une fois qu’on l’a compris, le changer.
- C’était passer de nouveau à mes facultés les fers invisibles d’une vie uniforme et trop tranquille, d’une existence dont je devenais incapable d’apprécier même les privilèges, tels que la sécurité et l’aisance.
- J’avais le privilège de vivre depuis le début, constamment, en toute conscience, ce qu’on finit toujours par découvrir dans la stupeur et le désarroi : l’homme qu’on aime est un étranger.
- Longtemps je n’ai pas eu de chance. À force que le hasard retombe toujours du même côté, jamais du mien, j’en suis venu à imaginer la vie comme une sorte de gigantesque conspiration, uniquement composée de membres ayant prêté serment de se liguer contre moi.