Le berceau balance au-dessus d’un abîme, et le sens commun nous apprend que notre existence n’est que la brève lumière d’une fente entre deux éternités de ténèbres.
1899-1977Le berceau balance au-dessus d’un abîme, et le sens commun nous apprend que notre existence n’est que la brève lumière d’une fente entre deux éternités de ténèbres.
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Plus nous ouvrons les yeux, plus la nuit est profonde ;
Dieu n’est qu’un mot rêvé pour expliquer le monde,
Un plus obscur abîme où l’esprit s’est lancé.
On ne sait plus ce que c’est que l’obscurité. À force de vouloir faire la lumière sur tout, on ne distingue plus rien !
Nous n’avons pas de clair-obscur, et cela, c’est impensable. La volte-face est trop nette et la vie n’est jamais si tranchée. Il y a donc tricherie, à un endroit ou à un autre.
Le Ciel en un moment quelquefois nous éclaire.
Au paradis, les objets et les êtres, assiégés de tous côtés par la lumière, ne projettent pas d’ombre. Autant dire qu’ils manquent de réalité, comme tout ce qui est inentamé par les ténèbres et déserté par la mort.
Il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière.
La lumière a son temps qui lui est mesuré, mais le règne de la Nuit Ne connaît de durée ni d’espace, le sommeil a pour lui toute l’éternité !
N’est-ce pas là l’éternité ? Cette poussée soudaine d’une âme en nous et ce départ pour un monde qu’on ne possède qu’à deux.
La nuit est un masque. La nuit efface les formes. La nuit supprime les témoins. La nuit rend fou aussi. Ce n’est plus la réalité. C’est une autre vie, sans visage, sans angle, sans matière. La nuit est une noyade.
La lumière est ce point géométrique où se rencontrent l’humain qui voit et le devin qui se rend vu.

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