L’auberge, solitaire et vieille, prend, sitôt que baisse la lumière, des aspects de coupe-gorge.
1850-1923L’auberge, solitaire et vieille, prend, sitôt que baisse la lumière, des aspects de coupe-gorge.
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Ramuntcho
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Il y a dans le regard du désordre cette hirondelle de menthe et de genêt qui fond pour toujours renaître dans le raz-de-marée de ta lumière.
Dans le creux d’une pierre, au bord d’un chemin aux pavés herbeux, un ver luisant choyait sa goutte de lumière lunaire.
Quelle était la nature de cet invisible héritage lestant nos aubes avant de se dissoudre dans le rythme forcené des journées, toujours susceptible de resurgir au petit malheur la chance ?
Une vie sans éclat et attentive au simple est semblable à ces coings à la peau duvetée et à l’apparence rugueuse qui, mûrissant dans l’ombre, embaument l’air du cellier – comme fait le corps d’un saint après sa mort.
Une lumière douce fit étinceler la glace de l’armoire et reluire la corniche de palissandre.
Un corps de vieillard, maigre telle une aigle de blason, et son cou pousse tout seul, dressant en l’air une tête hérissée, aiguë…
La jeunesse supporte l’orage des passions, mais la vieillesse y succombe : ainsi l’aquilon emporte en automne la feuille qu’il balançait gracieusement durant l’été.
La vieillesse est une voyageuse de nuit : la terre lui est cachée ; elle ne découvre plus que le ciel.
Il faut longtemps pour que resurgisse à la lumière ce qui a été effacé.
Celui qui fait entrer le soleil dans sa vie fait fuir l’ombre.

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