Où s’arrête la personne, ses contours, ses limites, où commence ce qui en elle est bien plus qu’elle, la douleur dans sa voix, l’innocence dans ses yeux ?
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Où s’arrête la personne, ses contours, ses limites, où commence ce qui en elle est bien plus qu’elle, la douleur dans sa voix, l’innocence dans ses yeux ?
Écrivain, 1951-2022 Image : Vermeer&Velazquez, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons Partager sur
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L'inespérée (1994)
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Poussée à de certaines limites, la vie se passe derrière la porte du silence. L’aventure trop forte nous saisit, nous submerge, nous transforme, s’accomplit si intimement, si totalement en nous, qu’elle se met à exister à notre place, nous dispensant de toute parole, de toute plainte.
La souffrance comme seul horizon laisse parfois entrevoir l’amortissement comme solution…
Absent. Particulièrement exposé au dénigrement ; calomnié ; définitivement dans son tort ; oublié de la considération et de l’affection de chacun.
Au fond, c’est ça la solitude : s’envelopper dans le cocon de son âme, se faire chrysalide et attendre la métamorphose, car elle arrive toujours.
La vie de l’homme oscille, comme un pendule, entre la douleur et l’ennui.
De même la vie dépose sur le visage des individus couche après couche, les rides successives de l’expérience où il est absolument impossible de discriminer la part du rire et celle des larmes. Déjections de l’expérience sur les sables de la vie…
Tout porte à croire qu’il existe un certain point de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent d’être perçus contradictoirement.
Rien n’est plus tragique que de rencontrer un individu à bout de souffle, perdu dans le labyrinthe de la vie.
Les humains dans la souffrance forment deux camps. Ceux qui résistent par le corps, et ceux qui résistent par l’esprit.
À force de parler, qu’on plaise ou déplaise, ou qu’on fasse pitié, on force le silence le plus résolu.

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