25 citations quand les gens te déçoivent : pour exprimer ta peine et tourner la page

Il y a des déceptions qui passent, et d’autres qui laissent une trace : un ami qui s’éloigne sans un mot, un proche qui trahit une confidence, une personne en qui l’on croyait et qui se révèle tout autre. Le plus difficile n’est pas toujours la blessure elle-même, mais ce qu’elle abîme en nous : l’envie de faire encore confiance.
Écrivains et philosophes ont connu ces mêmes désillusions. Nous avons réuni leurs mots en quatre temps, ceux que l’on traverse souvent après une déception : le choc, l’incompréhension, le recul, puis l’apaisement. Lisez-les dans l’ordre, ou allez directement au moment que vous vivez.
1. Le choc : quand quelqu’un vous déçoit
Au premier moment, il n’y a pas de sagesse qui tienne. Il y a la surprise, la peine, parfois la honte d’avoir cru. Ces citations ne cherchent pas à consoler : elles disent simplement ce que l’on ressent.
Personne ne sait se préparer convenablement à être déçu.
Note : une phrase courte, qui déculpabilise. Si la déception vous a pris par surprise, ce n’est pas de la naïveté : personne ne s’y prépare vraiment.
Quand on refuse de se mentir, on se condamne fatalement à la déception.
Note : la déception est parfois le prix de la lucidité. On la ressent parce qu’on a choisi de voir les choses telles qu’elles sont.
S’il est vrai que la meilleure part appartient à qui donne et non à qui reçoit, nous pouvons sans ironie regretter que ceux auxquels nous donnons sachent parfois si peu nous donner puisque, les aimant, nous leur souhaitons le meilleur.
L’amour, c’est forcément la déception. Tu cristallises. Tu projettes.
Espoir, déception : deux ennemis qui s’entendent très bien ensemble.
2. Comprendre : pourquoi les autres nous déçoivent
Une fois le choc passé vient la question : pourquoi ? Les philosophes ont une réponse qui dérange un peu : la déception naît souvent de l’écart entre ce que nous attendions des autres et ce qu’ils sont réellement.
L’enfer, c’est les autres.
Note : on lit souvent cette phrase comme une condamnation des relations humaines. Sartre lui-même a précisé qu’il voulait dire autre chose : lorsque nos rapports avec autrui sont faussés, l’autre devient un enfer, parce que nous dépendons de son regard pour nous juger nous-mêmes. Être déçu par quelqu’un, c’est aussi découvrir à quel point son jugement comptait pour nous.
Tout homme prend les limites de son champ de vision pour les limites du monde.
Note : nous imaginons que les autres pensent, aiment et agissent comme nous. La déception survient le jour où cette illusion tombe. Ce n’est pas toujours que l’autre a mal agi : c’est souvent qu’il n’a jamais été celui que nous imaginions.
Je mets en fait que si tous les hommes savaient ce qu’ils disent les uns des autres, il n’y aurait pas quatre amis dans le monde.
Note : Pascal n’est pas cynique ici, il est lucide. Il rappelle que la parole, surtout en notre absence, est fragile. Découvrir ce qu’un proche a dit de nous est l’une des déceptions les plus répandues, et les plus anciennes.
Rien de plus habituel que de sentir que les autres ont une part de responsabilité dans nos échecs, tout comme c’est une réaction ordinaire d’oublier ceux qui ont pris part à nos réussites.
Une triste expérience me fait connaître que l’on fuit ceux à qui on a trop d’obligation.
Des confidences sont toujours dangereuses, car un secret communiqué à un étranger le rapproche de vous. On a abandonné quelque chose de soi, on lui a concédé un avantage.
En vivant et en voyant les hommes, il faut que le cœur se brise ou se bronze.
3. Prendre du recul
Comprendre ne suffit pas toujours à apaiser. Les philosophes stoïciens, qui ont beaucoup réfléchi à ce que nous pouvons et ne pouvons pas contrôler, proposent une autre étape : changer de regard sur ce qui nous est arrivé.
Dès l’aurore, dis-toi d’avance : je rencontrerai un indiscret, un ingrat, un insolent, un fourbe, un envieux, un insociable.
Note : Marc Aurèle était empereur de Rome, et il écrivait ces lignes pour lui seul. Ce n’est pas du pessimisme, mais une préparation : s’attendre aux défauts des autres, c’est se protéger de la surprise qui fait le plus mal.
Ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses, ce sont les jugements qu’ils portent sur les choses.
Note : Épictète, ancien esclave devenu philosophe, résume ici l’idée centrale du stoïcisme. On ne choisit pas ce que les autres nous font ; on peut choisir, peu à peu, ce que cela représente pour nous.
Il y a plus de choses qui nous font peur que de choses qui nous font mal ; nous souffrons plus souvent en imagination qu’en réalité.
Ce que je vous en dis est pour vous éviter les déceptions amères. Vivre sans illusions, c’est le secret du bonheur.
Mieux vaut toujours se préparer au pire pour n’avoir pas le choc de la déception.
Exige beaucoup de toi-même et attends peu des autres. Ainsi beaucoup d’ennuis te seront épargnés.
4. Tourner la page et garder confiance
Le dernier temps est le plus difficile, et le plus important : ne pas laisser une personne décider, par sa trahison, de la façon dont nous traiterons toutes les autres.
Il ne faut à aucun prix qu’un être, par sa trahison, nous décourage d’avoir plus jamais confiance en d’autres êtres. Il aurait trop gagné, s’il avait tué en nous la confiance faite à notre prochain.
Note : c’est peut-être la phrase la plus juste de cette sélection. Celui qui nous a déçus nous a déjà pris quelque chose ; se méfier de tout le monde ensuite, ce serait lui laisser en prendre davantage.
Les déceptions de l’amitié se guérissent par l’indifférence ; celles de l’amour par l’oubli.
La déception ne doit pas être un mur qui nous renvoie à nous-mêmes, mais un fleuve qu’il faut franchir pour passer du côté temporel au côté éternel des choses.
Le rôle de la douleur, des déceptions et des idées noires n’est pas de nous aigrir, de nous faire perdre notre valeur et notre dignité, mais de nous mûrir et de nous purifier.
On est souvent trompé en amour, souvent blessé et souvent malheureux ; mais on aime, et quand on est sur le bord de sa tombe, on se retourne pour regarder en arrière ; et on se dit : j’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé. C’est moi qui ai vécu, et non pas un être factice créé par mon orgueil et mon ennui.
Note : ces mots sont prononcés par Perdican, le héros de la pièce. Ils disent l’essentiel : une déception ne rend pas vaines les années d’attachement qui l’ont précédée. Avoir fait confiance n’était pas une erreur ; c’était vivre.
Encadré — Deux regards sur la confiance
Faut-il continuer à faire confiance après avoir été déçu ? À près de trois siècles d’écart, un moraliste français et un chroniqueur américain répondent la même chose, chacun à sa façon.
Il est plus honteux de se défier de ses amis que d’en être trompé.
On risque d’être trompé si l’on fait trop confiance, mais on vit dans le tourment si l’on ne fait pas assez confiance.
Note : cette phrase est souvent attribuée à Abraham Lincoln sur Internet. Elle vient en réalité de Frank Crane, un pasteur et chroniqueur américain du début du XXᵉ siècle.
Si la déception que vous vivez est liée à une relation qui vous fait du mal durablement, n’hésitez pas à en parler à une personne de confiance ou à un professionnel : certaines blessures se referment mieux quand on ne les porte pas seul.
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