Je vote l’abolition pure, simple et définitive de la peine de mort.
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Je vote l’abolition pure, simple et définitive de la peine de mort.
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Actes et paroles (1875)
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L’abolition de la peine de mort fait de nous une société civilisée. Cela montre que nous sommes réellement sérieux lorsque nous disons que nous respectons la vie.
Si l’on pouvait abolir la mort, il n’y aurait rien à dire. Abolir la peine de mort serait difficile. Mais si cela arrivait, on serait bientôt forcé de la rétablir.
Le seul facteur qui motive la peine de mort est la vengeance, et non la justice, et je suis fermement convaincu qu’un gouvernement qui interdit le meurtre de ses citoyens ne devrait pas se consacrer lui-même à la mort.
J’ai toujours été hostile à la peine de mort, estimant qu’en aucun cas elle ne saurait constituer un acte de justice.
La peine de mort, glorieusement abolie par la République en 1848, odieusement rétablie par Louis Bonaparte, reste abolie pour nous, abolie à jamais.
Je vous le demande en votre âme et conscience : sans la peine de mort, est-ce la peine de vivre ?
La peine de mort est une peine immorale, ou du moins inutile, parce qu’elle habitue le peuple au spectacle des supplices, et parce qu’elle ne répare rien ; car malheureusement la mort du meurtrier ne rend point la vie à la victime.
La peine de mort remplit une autre fonction que la lutte contre le crime.
La prise de position d’un homme devant la peine de mort est pour moi un test absolu de son niveau de civilisation.
Un juge qui, autorisé par la loi à punir d’une moindre peine, prononce la peine de mort, est un assassin et un barbare.

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