De village en village, ma réputation commençait à me précéder. L’affluence augmentait, on m’apportait de quoi manger, des pansements, et même des livres. Je m’étais fixé une règle : ne pas rester plus de vingt-quatre heures au même endroit.
Image : De village en village, ma réputation...

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- Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village - Fumer la cheminée, et en quelle saison - Reverrais-je le clos de ma pauvre maison, - Qui m’est une province et beaucoup davantage ?
- Je n’imagine plus le terme de mon existence comme l’effrayant passage dans le néant mais comme le délicieux moment où j’arrêterai enfin de régler des factures. Certaines lassitudes aident à dédramatiser.
- A dix-huit ans j’ai quitté ma province Bien décidé à empoigner la vie Le coeur léger et le bagage mince J’étais certain de conquérir Paris.
- Je n’ai jamais jugé d’une chose exactement de même, je ne puis juger d’un ouvrage en le faisant. Il faut que je fasse comme les peintres et que je m’en éloigne, mais non pas trop. De combien donc ? Devinez...
- Oublié de tous, condamné à ronger ma mémoire et mes os, j’ai gardé jour et nuit les chemins d’Ainielle sans permettre à personne d’approcher du village.
- Je claquais mon argent, je gâtais mon entourage, j’emmenais ma mère partout, mais je n’étais pas heureux.
- La couleur de mes convictions, c’est mon village, moi je suis un villageois. Jusqu’à l’âge de vingt ans j’étais à la campagne et dans un village d’ouvriers, de sidérurgistes... Alors là j’ai pris conscience qu’il fallait être socialiste.
- J’avais dans ma façon de vivre au moins cet avantage sur les gens obligés de chercher leur amusement au dehors, dans la société et le théâtre, que ma vie elle-même était devenue mon amusement et jamais ne cessa d’être nouvelle.
- Il m’a fallu plus de temps qu’à ceux qui m’enviaient pour m’habituer aux signes extérieurs d’une certaine aisance. J’en ai eu honte jusqu’à ce que l’âge les justifie davantage que la réussite.
- Le jour s’éveillait et à sa blancheur première le village s’éveillait avec ses mille bruits. Devant ce contraste de vie et de mystères, de lumière et de ténèbres, je méditai un moment : «Mon Dieu, comme les morts restent seuls ! ».
- J’avais déjà plus qu’assez d’argent pour ma famille et moi, mais je me suis laissé entraîner dans tout ça, en pensant que je pourrais en sortir rapidement.
- Je sus que j’entrais dans un autre monde que celui que je pouvais découvrir de la maison, et aussi que j’étais parti pour un long voyage. Il ne s’agissait plus d’aller en ville, cette fois, mais beaucoup plus loin; un voyage comme j’en avais jamais fait.
- J’ai arrêté de dîner en ville lorsque je me suis rendu compte que je n’aurais jamais le courage de renverser le contenu de la soupière dans le décolleté de la maîtresse de maison.
- Je plains le temps de ma jeunesse, auquel j’ai plus qu’autre gallé, jusqu’à l’entrée de vieillesse, qui son partement m’a celu. Il ne s’en est à pied allé, n’a cheval : hélas ! Comment donc ?, soudainement s’en est vollé, et ne m’a laissé quelque don.
- Les lieux que l’on voulait m’interdire, je n’ai cessé d’y pénétrer. Rebelle, insurgé, impertinent, insoumis, inclassable et mal élevé, j’ai toujours refusé aux autres le droit de décider de ma vie.