J’ai arrêté de dîner en ville lorsque je me suis rendu compte que je n’aurais jamais le courage de renverser le contenu de la soupière dans le décolleté de la maîtresse de maison.
Écrivain Image : JB Charpentier, CC BY-SA 3.0, Wikimedia Commons J’ai arrêté de dîner en ville lorsque je me suis rendu compte que je n’aurais jamais le courage de renverser le contenu de la soupière dans le décolleté de la maîtresse de maison.
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L'Almanach 2009 Des Grosses Tetes
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Je ne pouvais davantage faire le coup du taxi au veilleur de nuit de l’hôtel, qui le connaissait déjà et ne l’appréciait guère.
Oublié de tous, condamné à ronger ma mémoire et mes os, j’ai gardé jour et nuit les chemins d’Ainielle sans permettre à personne d’approcher du village.
Abréger son souper, c’est allonger sa vie.
Un repas sans conversation, la richesse sans la vertu, perd tout son charme.
Seuls ceux qui ont eu faim avec moi et se sont tenus près de moi quand j’ai traversé une mauvaise période à un moment de la vie, mangeront à ma table.
J’ai souvent eu faim avant les repas. C’est insuffisant pour comprendre vraiment la misère.
De village en village, ma réputation commençait à me précéder. L’affluence augmentait, on m’apportait de quoi manger, des pansements, et même des livres. Je m’étais fixé une règle : ne pas rester plus de vingt-quatre heures au même endroit.
On m’a mise en garde contre vous, 007 : sexe au dîner, cadavre au petit-déjeuner. Mais ça ne marche pas avec moi.
Maman n’aimait pas beaucoup faire la cuisine : « Pourquoi passer l’après-midi à préparer un repas qui sera avalé en une heure, quand dans le même temps je pourrais peindre un tableau qui durera toujours ? »
Je me permets quelquefois de réfléchir entre mes repas, ce qui fait perdre énormément de temps.

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