Il vient toujours une heure dans l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Il vient toujours une heure dans l’histoire où celui qui ose dire que deux et deux font quatre est puni de mort.
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Source secondaire
La Peste (1947), partie II, p. 125
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Lorsqu’on donne une heure à un condamné à mort, cette heure a la valeur d’une vie entière.
Condamnés à la mort, condamnés à la vie, voilà deux certitudes.
Si on condamne à mort, il faut bien que quelqu’un exécute. C’est la mauvaise action qui déshonore, pas le supplice. Le bourreau est quelqu’un d’utile.
La vie punit celui qui arrive trop tard.
On calomnie la mort tandis que la vieillesse suffit pour disqualifier un homme.
Juger, c’est comprendre à un instant T ; la bonne sentence d’hier serait aujourd’hui déplacée, la juste peine d’aujourd’hui sera ridicule demain.
L’heure s’écoule, ami ; tout fuit, la mort s’avance : Les grands ni les petits n’échappent à ses lois.
Quand vous jouez au plus fin avec un homme de loi, on appelle cela un outrage et l’on vous jette en prison.
Vous voulez tuer l’Injustice, mais vous ne tuez que des hommes. Camus a écrit que l’on condamne à mort un coupable, mais qu’on fusille toujours un innocent. Toujours cet infernal dilemme : l’amour des chiens et l’horreur de la chiennerie.
La mémoire d’un homme contient une centaine de jours, alors qu’il en a vécu des milliers. C’est ainsi. On dispose d’un stock de jours, qu’on dépense comme des ivrognes sans cervelle. C’est pas une critique, juste une constatation.

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