Ma vie est aussi cabossée que mon visage. Mon nez, à lui seul, compte vingt-sept fractures. Vingt-trois proviennent de la boxe ; quatre, de mon père.

Ma vie est aussi cabossée que mon visage. Mon nez, à lui seul, compte vingt-sept fractures. Vingt-trois proviennent de la boxe ; quatre, de mon père.

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Plus fort que la haine
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Mon plus grand malheur fut toujours de ne pouvoir résister aux caresses.
Pour moi, chaque année qui passe est un coup de poignard dans ma jeunesse, un pas de plus vers la mort.
Une extraordinaire enfance semblait sourdre sur ses traits de toutes les meurtrissures creusées par la fatigue et l’insomnie, et un sentiment exalté de victoire m’envahit soudain ; ce visage que j’emportais dans mon songe vivait comme il n’avait jamais vécu.
Toute ma vie est en vous. Mon père m’a donné un cœur, mais vous l’avez fait battre. Le monde entier peut me blâmer, que m’importe !
C’est peu que de vouloir, sous un couteau mortel, me montrer votre cœur fumant sur un autel.
Du filz autant m’est la personne chere,
Comme j’av eu à contre-cœur le pere.
Dès 1916, j’avais su décrocher la blessure heureuse. Une blessure pas assez grave pour m’empêcher de jouir de la vie, assez grave pour en faire accroire.
J’ai la vie qui m’pique les yeux.
Pour tout bagage on a vingt ans / On a l’expérience des parents / On se fout du tiers comme du quart / On prend l’bonheur toujours en r’tard / Quand on aime c’est pour toute la vie / Cette vie qui dure l’espace d’un cri
L’habit pare le corps et la pudeur le visage.

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