Tout l’effort du drame est de montrer le système logique qui, de déduction en déduction, va consommer le malheur du héros.
Philosophe, 1913-1960 Image : Photograph by United Press International, Domaine public, Wikimedia Commons Tout l’effort du drame est de montrer le système logique qui, de déduction en déduction, va consommer le malheur du héros.
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Le mythe de Sisyphe (1942)
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L’action du théâtre comme celle de la peste est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu’ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, la tartufferie.
Des masses corrompues par une fausse culture peuvent sentir dans le destin qui les accable le poids du drame ; elles se complaisent dans l’étalage du drame, et poussent ce sentiment jusqu’à mettre du drame jusque dans les plus petits incidents de leur vie.
La tragédie échauffe l’âme, élève le cœur, peut et doit créer des héros.
Une fois lancé dans sa fureur, il faut infiniment plus de vertu à l’acteur pour s’empêcher de commettre un crime qu’il ne faut de courage à l’assassin pour parvenir à exécuter le sien.
Le voyage du héros, du narrateur, c’est aussi un voyage au bout de lui-même, au bout de l’humain.
Il faut, pour frapper quelqu’un, même au combat, se libérer d’un poids de civilisation qui enferme la plupart d’entre nous dans la fausseté et une douceur forcée. Cet écran ôté, c’est la vraie nature de l’homme qui se révèle.
Les deux électricités opposées de la comédie et de la tragédie se rencontrent, et l’étincelle qui en jaillit, c’est le drame.
La conscience a été donnée à l’homme pour transformer la tragédie de la vie en une comédie.
Le drame du cocu, c’est le drame de l’homme : la connaissance.
Le cinéma c’est l’art de bien faire les choses défendues au commun des mortels.

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