L’action du théâtre comme celle de la peste est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu’ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, la tartufferie.
Écrivain, 1896-1948L’action du théâtre comme celle de la peste est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu’ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, la tartufferie.
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Source vérifiée
Le théâtre et son double (1938), chapitre I
Le texte original diffère de quelques mots.
… De même le théâtre est un mal parce qu’il est l’équilibre suprême qui ne s’acquiert pas sans destruction. Il invite l’esprit à un délire qui exalte ses énergies; et l’on peut voir pour finir que du point de vue humain,l’action du théâtre comme celle de la peste, est bienfaisante, car poussant les hommes à se voir tels qu’ils sont, elle fait tomber le masque, elle découvre le mensonge, la veulerie, la bassesse, latartuferie; elle secoue l’inertie asphyxiante de la matière qui gagne jusqu’aux données les plus claires des sens; …
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Des masses corrompues par une fausse culture peuvent sentir dans le destin qui les accable le poids du drame ; elles se complaisent dans l’étalage du drame, et poussent ce sentiment jusqu’à mettre du drame jusque dans les plus petits incidents de leur vie.
Et comme le luxe de la table et des vêtements dénote une civilisation malade ; de même le dérèglement du discours, pour peu qu’il se propage, atteste que les âmes aussi, dont le style n’est que l’écho, ont dégénéré.
Le méfiant est fatalement voué au malheur. Tout comme l’acide corrode son contenant, le soupçon le ronge à force de se préserver jour et nuit de l’humanité tout entière.
La principale cruauté du destin est de transformer les hommes en carcasses obsolètes.
Tout l’effort du drame est de montrer le système logique qui, de déduction en déduction, va consommer le malheur du héros.
Le théâtre est le lieu où apparaissent violence et cruauté. Leur représentation doit servir à ce que l’horreur ne se reproduise pas.
L’expérience qui éclaire les particuliers, corrompt les Princes et les gens en place.
Relève de la morale ce qui blesse la pudeur.
Jeunes, méfiez vous de l’estrade – où montent les héros du théâtre et du stade – une muse menteuse y décerne les prix.
Elle n’a qu’un but, s’exprimer totalement dans une perspective qui permette à l’homme de secouer ses tabous, le révéler à lui-même, le rendre libre. L’homme doit prendre conscience de ses abîmes pour mieux les contourner.

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