La révolte mène à tout, même à la mort du rêve et de l’utopie, sa mère nourricière.
Écrivain, 1941-1999La révolte mène à tout, même à la mort du rêve et de l’utopie, sa mère nourricière.
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Source secondaire
Les naufragés de l’intelligence (2000), p. 27
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La conscience vient au jour avec la révolte.
L’utopie est la matrice de l’histoire et la sœur jumelle de la révolte.
Dans l’univers du révolté, la mort exalte l’injustice. Elle est le suprême abus.
Elle se mariait donc, maudite de ses parents. Rejetée, excommuniée, le herem était sur elle. Impure, sale, reniée par les siens. Et elle avait fait le choix de ne pas suivre ses parents, la tradition ancestrale.
Elle semblait avoir conscience que si elle vacillait, la famille entière tremblerait, et que si un jour elle défaillait ou désespérait sérieusement, toute la famille s’écroulerait, toute sa volonté de fonctionner disparaîtrait.
La promesse et le conditionnel, l’injustice et la peur se sont alliés dans le meurtre du futur.
La jeunesse trouve la révolte en elle-même, quand elle ne la trouve pas près d’elle.
Elle revêtait sa peur d’un déguisement pour pouvoir la regarder… Elle la baptisait fièvre, rats, chômage. Le vrai visage qui restait tabou était la mort.
Au fil des mois, la pratique des livres dans laquelle elle n’avait vu à l’origine que le symbole de sa libération et l’instrument d’une revanche sur le destin, finit par se muer en passion toute pure.
À parcourir l’histoire des attitudes maternelles, naît la conviction que l’instinct maternel est un mythe. Nous n’avons rencontré aucune conduite universelle et nécessaire de la mère. Au contraire, nous avons constaté l’extrême variabilité de ses sentiments, selon sa culture, ses ambitions ou ses frustrations.

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