En relisant mes journaux, il me semble flagrant qu’on ne change pas. Ce que je suis à 12 ans, je le suis encore aujourd’hui. Le manque de confiance, la jalousie, mon envie de plaire. Je comprends mieux pourquoi mes amours n’ont pas résisté.
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- Le temps, ennemi implacable. La jalousie, mauvaise compagne. Toujours l’amour, mais avec des orages. Mon cur battait des chamades de plus en plus saccadées entre ses « je t’aime » hâtifs, ses « je dois raccrocher » fébriles, ses « je te rappelle » excédés.
- Le problème, lorsqu’on se venge par jalousie, c’est que même si l’on inflige de la douleur aux autres, cela n’atténue en rien celle que l’on ressent soi-même. Au bout du compte, tout le monde est malheureux.
- Ne pouvez-vous comprendre que ce que vous pouvez éprouver ? Vous qui avez vu tant de choses, étudié tant de natures diverses, ne savez-vous pas que l’amour-propre est une cause de dépit et de jalousie aussi bien que la passion veritable ?
- D’autres ont le sentiment de ce qu’ils ont, dit-il; je n’ai le sentiment que de mes manques. Manque d’argent, manque de forces, manque d’esprit, manque d’amour. Toujours du déficit; je resterai toujours en deçà.
- Dire à quelqu’un, comme il me le répétait je t’aimerai toute ma vie n’engage pas à grand chose quand, dans le quotidien, on ne la partage pas.
- Je sais et je sens que je n’ai pas commencé la vie et qu’il y a en moi des trésors de tendresse et de passion qui n’auront peut-être jamais l’occasion de se répandre.
- Nous ne sommes pas les mêmes personnes cette année que les précédentes. Celles qu’on aime non plus. C’est un heureux hasard si nous, en changeant, continuons d’aimer la personne changée.
- Il me semble parfois que, malgré mes efforts, je n’existe pas encore en tant qu’individu, maître de son destin. Mes crises d’adolescence ont fait place au grand vide de l’âge adulte. Mon corps, mon cerveau montrent chaque jours leurs limites.
- Ni la faiblesse De l’âge, ni sa froideur, ne peut rien sur la tendresse Des sentiments de mon coeur.
- Une fois que vous aurez développé une conception de l’amour suffisamment idéale, suffisamment noble et parfaite, vous êtes fichu. Rien ne pourra désormais vous suffire. Pourtant, vous devez rester vivant - au moins un certain temps.
- Dix-huit ans. A cet âge, c’est plutôt le bonheur et la tranquillité qui ont tendance à paraître inconciliables...
- Toutes mes contradictions viennent de ce qu’on ne peut aimer la vie plus que je ne l’aime, ni ressentir en même temps et d’une manière presque ininterrompue un sentiment d’inappartenance, d’exil et d’abandon.
- On dit quelquefois que l’amour ne peut durer, qu’il finit avec la jeunesse. Il serait mieux de dire qu’il se transforme.
- Les premières années de notre enfance sont si éloignées qu’on ne les additionne pas toujours aux nouvelles. On a l’âge de son coeur.