La redingote du grand-père, sa canne à pomme d’argent, d’autres objets venus de lui, s’en allaient aussi.
1850-1923La redingote du grand-père, sa canne à pomme d’argent, d’autres objets venus de lui, s’en allaient aussi.
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Matelot
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Enlevé l’or des blés, il reste l’argent des éteules.
Je plains le temps de ma jeunesse,
Auquel j’ai plus qu’autre gallé,
Jusqu’à l’entrée de vieillesse,
Qui son partement m’a celé.
Il ne s’en est à pied allé,
N’à cheval : hélas ! comment donc ?
Soudainement s’en est volé,
Et ne m’a laissé quelque don.
La vieillesse chagrine incessamment amasse ;
Garde, non pas pour soi, les trésors qu’elle entasse,
Marche en tous ses desseins d’un pas lent et glacé.
Heureux cet âge de la vie qui s’étend, paisible et fructueux, entre les noces d’argent dont le vieillard a eu la possession et les noces d’or dont il médite la promesse.
Il venait de toucher l’héritage d’un oncle :
« Mon oncle et moi sommes entrés dans une vie meilleure. ».
En ces années quatre-vingt, il fallait être mort pour ne pas avoir d’ambition. L’argent avait l’odeur agressive et prémerdeuse des déodorants pour toilettes.
Un homme riche, quoi qu’il fasse, qu’il jette sa femme vieillie au rebut, qu’il abandonne sa mère sans secours, qu’il vole ceux qui lui ont confié leur argent, garde toujours la considération de ses amis.
Quand mon père est mort, j’ai enroulé un fil blanc autour de mon index. Je l’ai gardé pour me rappeler qu’à une époque je ressentais des choses, qu’à une époque j’avais un père, qu’à une époque j’avais une vie.
Des doux objets de la tendresse, une épouse et des enfants couronnent la vieillesse.
Dieu tenait au dix-septième siècle la place qu’aujourd’hui tient l’argent. Les dégâts étaient moindres.

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