Prison de l’Etre, ne peut-on se libérer de toi ?
Prison de la pensée, ne peut-on se libérer de toi ?
Écrivain, 1888-1935Prison de l’Etre, ne peut-on se libérer de toi ?
Prison de la pensée, ne peut-on se libérer de toi ?
Écrivain, 1888-1935Partager sur
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Poésies d'Alvaro de Campos
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Mon âme, il faut partir. Ma vigueur est passée,
Mon dernier jour est dessus l’horizon.
Tu crains ta liberté. Quoi ! N’es-tu pas lassée
D’avoir souffert soixante ans de prison ?
On peut toujours s’échapper d’une prison. Mais de la liberté ?
Ta bien-aimée, hâfiz, sur ta tombe scellée
Peut-être passera comme passe le vent :
Tu frémiras alors dans ta prison étroite,
Et tu déchireras ton suaire en lambeaux.
Opiacé. Qui déverrouille la porte de la geôle de l’identité. Elle donne sur la cour de la prison.
Attendre des autres ce qu’ils ne peuvent pas vous donner revient à entrer dans une prison.
Seul ton corps est en prison, ton esprit ne peut être prisonnier, on ne peut pas attraper le vent.
Vous êtes maitre de votre vie, qu’importe votre prison vous en avez les clés.
On croit fuir une prison alors qu’on emmène les barreaux avec soi.
Celui qui ouvre une prison doit savoir qu’on ne la fermera plus.
Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

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