Ne pourrait-on point découvrir l’art de se faire aimer de sa femme ?
Écrivain, 1645-1696 Image : Élisabeth Louise Vigée Le Brun / After Pierre Drevet / After Jean Dieu de Saint-Jean, Domaine public, Wikimedia Commons Ne pourrait-on point découvrir l’art de se faire aimer de sa femme ?
Écrivain, 1645-1696 Image : Élisabeth Louise Vigée Le Brun / After Pierre Drevet / After Jean Dieu de Saint-Jean, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
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Les Caractères (1688), Des Femmes
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Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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Un amour sans discernement est, chez un mari, une faute qui peut préparer tous les crimes d’une femme !
Faire l’amour à sa femme, c’est comme tirer un canard endormi.
L’amant c’est l’artiste de l’amour. Le mari n’en est que le rond-de-cuir.
Désirer du bien à une femme, est-ce vouloir du mal à son mari ?
L’estime d’un époux doit être de l’amour.
Vous me direz que ce n’est pas très bien d’être l’amant de la femme de son ami. Oh ! Certes ! Mais comme c’est plus commode que d’être l’amant de la femme d’un inconnu ! Et comme ça évite des dérangements !
Une femme ne peut aimer passionnément qu’après avoir été mariée. Si je la pouvais comparer à une maison, je dirais qu’elle n’est habitable que lorsqu’un mari a essuyé les plâtres.
En amour, ce qui compte seulement c’est d’avoir une femme dans son lit et chez soi : tout le reste est connerie, sinistre connerie.
Il peut quelquefois suffire pour que nous aimions une femme qu’elle nous regarde avec mépris…
Qu’un homme puisse aimer sa femme et surveiller la note de gaz est d’une ambiguïté difficile à supporter.

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