On n’a pas vécu huit ans avec une femme sans être fixé sur son compte.
Écrivain, 1858-1929On n’a pas vécu huit ans avec une femme sans être fixé sur son compte.
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Source vérifiée
Boubouroche et autres pièces (1893)
Ça, mon Dieu! c’est encore possible… Mais passer par des trous de souris?… Sois tranquille, va, je sais ce que je fais.On n’a pas vécu huit ans avec une femme sans être fixé sur son compte.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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On ne refait sa vie avec une autre femme que lorsqu’on ne l’a pas vraiment faite avec la première.
On a beau faire : jusqu’à un certain âge, – et je ne sais pas lequel, – on n’éprouve aucun plaisir à causer avec une femme qui ne pourrait pas être une maîtresse.
Certains hommes sont ainsi. Une seule femme existe pour eux. Et si cette femme devient inaccessible, ils sont incapables de la chasser de leur souvenir. Elle demeure en eux, ne changeant pas, ne vieillissant pas.
Une femme qui n’est plus coquette n’a plus de raison d’être.
Je suis une innocente victime de l’augmentation de l’espérance de vie. Au Moyen Age, je n’aurais pas eu le temps de tromper ma femme.
Sans une femme, il nous manque quelque chose.
Une fois mariée, la femme se fane. Elle n’a plus ni jolité, ni coquetterie. Elle ne se soigne plus. Elle s’habille pour vivre dans l’arrière-boutique.
Soixante ans, époque à laquelle les femmes se permettent des aveux.
Géner une femme, la vouloir contraindre, n’est-ce pas lui donner le droit et le courage de franchir en un moment des barrières qu’elle mettrait des années à sauter ?
Pouvais-je souffrir qu’une femme fût perdue pour moi sans l’être par moi ?

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