Soixante ans, époque à laquelle les femmes se permettent des aveux.
Romancier, 1799-1850 Image : Louis-Auguste Bisson, Domaine public, Wikimedia Commons Soixante ans, époque à laquelle les femmes se permettent des aveux.
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La Vieille Fille (1836)
Madame du Bousquier vit encore, n’est-ce pas dire qu’elle souffre toujours? En atteignant à l’âge desoixante ans, époque à laquelle les femmes se permettent des aveux, elle a dit en confidence à madame du Coudrai dont le mari retrouva sa place en août 1830, qu’elle ne supportait pas l’idée de mourir fille.
Texte du domaine public, transcription Wikisource (CC BY-SA).
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L’enfer des femmes, c’est la vieillesse.
Aujourd’hui les femmes ne sont jamais âgées, jamais moches, c’est fabuleux. Avec l’âge, les femmes acquièrent une force, une allure qu’elles n’avaient pas à 20 ans. Elles affirment quelque chose de si puissant et de si beau à regarder.
À un certain âge, toutes les femmes ont envie d’être veuves.
On devrait décorer quiconque atteindrait l’âge de soixante ans. La vanité des hommes est telle, que la plupart d’entre eux, au lieu de courir la gueuse, de boire comme des trous et de faire les polichinelles, pratiqueraient la sobriété, la sagesse et la continence, dans l’espoir de devenir vieux et d’avoir la croix d’honneur.
Une femme a l’âge qu’elle mérite.
À cinquante-cinq ans, j’ai conservé ma force virile, et je compte bien que cela durera encore vingt ans ; or je vieillirai, je deviendrai repoussant, les femmes ne viendront plus de bon cœur, j’aurai donc besoin d’argent.
Jeannette (en parlant des hommes de cinquante ans) : C’est le bel âge.
Rosy : Tu dis vrai. C’est l’âge où ils croient qu’ils font encore ce qu’ils veulent.
A 20 ans, la femme est instable, c’est l’Asie. A 30 ans, elle est ardente, c’est l’Afrique. A 40, elle est technique, c’est l’Amérique. A 50, elle est hors circuit, c’est l’Australie. A 60, elle regrette de n’avoir pas joui plus de la vie, c’est l’Europe.
Dans un monde bien fait, on devrait pouvoir échanger une femme de quarante ans contre deux de vingt, comme un billet de banque.
Les femmes d’âge ont une espèce de naturel dans l’abandon, et de savoir-faire qui insensiblement engagent. On dirait ces livres de chevet qui d’eux-mêmes s’ouvrent, et nous découvrent leurs bons endroits.

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