Les morts, ce sont les cœurs qui t’aimaient autrefois !
Écrivain, 1802-1885 Image : Étienne Carjat, Domaine public, Wikimedia Commons Les morts, ce sont les cœurs qui t’aimaient autrefois !
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Les Contemplations (1856), À quoi songeaient les deux cavaliers dans la forêt
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Aimez et souffrez, espérez et contemplez. Malheur, hélas ! à qui n’aura aimé que des corps, des formes, des apparences ! La mort lui ôtera tout. Tâchez d’aimer des âmes, vous les retrouverez.
La tendresse inspirée par la mort fait aimer les vivants qui l’éprouvent.
Vouloir faire l’amour, c’est un signe de vie : les morts ont pas ce genre d’envie-là.
Le vrai tombeau des morts, c’est le cœur des vivants.
L’unique sortilège contre la mort, la vieillesse, la vie routinière, n’est-il pas l’amour ?
Les morts ne meurent que s’ils meurent dans nos cœurs. Ils vivent si nous les chérissons, si nous honorons leur mémoire, si nous posons sur leurs tombes les mets qui de leur vivant ont eu leurs préférences, si à intervalles réguliers nous nous recueillons pour communier dans leur souvenir. (…) Quelques mots suffisent à les rameuter, pressant leurs corps invisibles contre les nôtres, impatients de se rendre utiles.
Etre d’avant-garde, c’est savoir ce qui est mort ; être d’arrière-garde, c’est l’aimer encore.
Qui aime la mort aime la vie.
L’amour est mort j’en suis tremblant J’adore de belles idoles Les souvenirs lui ressemblant Comme la femme de Mausole Je reste fidèle et dolent.
Et pourtant, me réveillant en sursaut et me répétant soudain que tu es mort, j’ai cette sensation terrible de ne plus exister, que toutes ces années sont tombées en poussière et qu’il ne reste plus rien d’important à vivre d’autre que le souvenir de nous.

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