L’unique sortilège contre la mort, la vieillesse, la vie routinière, n’est-il pas l’amour ?
1903-1977Source : Journal 1944-1947
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
L’unique sortilège contre la mort, la vieillesse, la vie routinière, n’est-il pas l’amour ?
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Notre amour c’est l’amour de la vie, le mépris de la mort.
La capacité d’aimer c’est le secret de la vie. Tant que l’on peut aimer, aimer véritablement, un autre humain, la mort attend son heure. C’est seulement quand la capacité d’aimer cesse que la mort se rapproche.
Vouloir faire l’amour, c’est un signe de vie : les morts ont pas ce genre d’envie-là.
Amour et mort, rien n’est plus fort.
Si rien ne peut nous sauver de la mort, qu’au moins l’amour nous sauve la vie.
Non, l’amour qui se tait n’est qu’une rêverie. Le silence est la mort, et l’amour est la vie.
Ne vivre que pour aimer, n’aimer que pour souffrir, ne souffrir que pour mourir, voilà le sort de l’être sensible.
L’amour ne nous sauve même pas de nous-mêmes… Voilà pourquoi l’homme est mortel…
Dans la vieillesse de l’amour comme dans celle de l’âge on vit encore pour les maux, mais on ne vit plus pour les plaisirs.
Seule une bonne et belle vie, bien remplie, bien pleine, pas ratée, permet d’aborder sereinement la mort.

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