La morale nous ordonne d’aimer nos ennemis. Mais – déclare le pessimiste – elle ne nous ordonne pas d’aimer nos amis.
1872-1957Source : Notes et Maximes (1961)
Source indiquée, pas encore vérifiée sur le texte original. Comment nous vérifions
La morale nous ordonne d’aimer nos ennemis. Mais – déclare le pessimiste – elle ne nous ordonne pas d’aimer nos amis.
1872-1957Source : Notes et Maximes (1961)
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Nous n’avons besoin de morale que faute d’amour.
Faire le bien à ton ennemi peut être uvre de justice et n’est pas ardu ; l’aimer est affaire d’anges et non pas d’hommes.
Si on aime les gens seulement quand ils se comportent conformément à nos idéaux, ce n’est pas de l’amour.
Vivre avec ses ennemis comme s’ils devaient un jour être nos amis, et vivre avec nos amis comme s’ils pouvaient devenir nos ennemis, n’est ni selon la nature de la haine, ni selon les règles de l’amitié ce n’est point une maxime morale, mais politique.
On aime mal quand on ne permet pas à celui sur lequel on a jeté son dévolu de réaliser pleinement son être. On aime mal lorsque l’on ne pense qu’à soi et non à celui qu’on est censé aimer.
Nous pouvons aimer celui qui ne nous aime pas, qui nous maltraite. L’amitié, au contraire, s’édifie petit à petit sur le terrain solide de la connaissance, de la confiance attestée.
Rien de plus malaisé que d’obtenir de nos amis qu’ils nous fichent la paix. Dès qu’on prend un peu le large par amour du silence, ils se croient trahis.
Ceux qui ne font pas l’amour ont mauvaise conscience et voudraient la coller à ce qui le font.
La haine des faibles n’est pas si dangereuse que leur amitié.
On peut laisser penser aux indifférents ce qu’ils veulent ; mais c’est un crime de souffrir qu’un ami nous fasse un mérite de ce que nous n’avons pas fait pour lui.

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