Le jeune homme desesperant de pouvoir jouir de ses amours, en fut si desplaisant, qu’il se noya.
Traducteur, 1513-1593 Image : Furmeyer, Domaine public, Wikimedia Commons Le jeune homme desesperant de pouvoir jouir de ses amours, en fut si desplaisant, qu’il se noya.
Traducteur, 1513-1593 Image : Furmeyer, Domaine public, Wikimedia Commons Partager sur
Source vérifiée
Oeuvres de Plutarque traduites du grec
Le texte original diffère de quelques mots.
Une erreur ? Proposer une correctionSignaler
Malheur à celui qui, au milieu de la jeunesse, s’abandonne à un amour sans espoir.
Il demeurait immobile, abruti d’étonnement et de souffrance…
Le jeune garçon sent son cœur, plein d’espérance vierge et de désir, bondir dans sa poitrine ; et déjà il s’apprête au travail de la vie ainsi qu’à la danse ou au jeu, lui, le mortel voué au malheur.
Il faut avoir été fou de douleur pour pouvoir devenir fou d’amour. Dans cette expérience de déchirement l’extase survient qui fait passer d’une souffrance insondable à un amour excessif, inouï, qui transgresse toute norme et toute forme.
Desesperant de pouvoir jouir de ses amours, il se noya ; de quoy Thesaeus estant adverty, et aussi de la cause pour laquelle il s’estoit ainsi desesperé, en fut fort dolent et marry.
Je ne comprenais pas cet homme qui s’économisait et réfrénait ses élans. Ne rien montrer de peur de se sentir affaibli, je n’ai jamais pu comprendre ça. Chez moi, on se touche et on s’embrasse comme on respire.
Il l’aimait avec ses doutes, son désespoir, il l’aimait depuis le plus sombre de lui-même, au cœur de ses lignes de faille, dans la pulsation de ses propres blessures. Il l’aimait avec la peur de la perdre, tout le temps.
Parfois, il s’empêchait si fort de penser à elle, il en avait mal au ventre. Et, plié en deux, de tenir ainsi avec les mains son estomac noué, il concevait une sorte de vertige, son corps lui-même se révoltait contre, à proprement parler, sa volonté.
Il y a des hommes qui mènent un tel deuil dans le cœur de la perte de la jeunesse, que leur amabilité n’y survit pas.
Enfermé dans la souffrance, isolé dans le plaisir, solitaire dans la mort, l’homme est condamné, par sa condition même, à ne jamais satisfaire un désir de communication auquel il ne saurait renoncer.

Téléchargez-la gratuitement pour la partager sur Instagram, WhatsApp ou Pinterest, en gardant le nom de l’auteur.